L'UIMM joue la transparence

le 20 mars 2008 à 18h42 , mis à jour le 20 mars 2008 à 19h13

Transparence sur les conditions financières du départ de "DGS", sur les activités de sa "caisse de secours mutuel" : l'UIMM veut tourner la page des "affaires".

Frédéric Saint-Geours UIMMFrédéric Saint-Geours, président de l'UIMM, le 3 mars 2008 © TF1-LCI

L'UIMM, la puissante fédération de la métallurgie du Medef, tente de tourner définitivement le dos à un passé terni par les affaires, après s'être dotée mercredi, lors de sa convention, de nouveaux statuts et avoir promis une gestion financière assainie. Et jouant à fond la transparence, elle a notamment détaillé jeudi les conditions financières du départ de son ancien président Denis-Gautier Sauvagnac, à l'origine de la crise ouverte au sein du patronat.

Fin février, la fédération avait reconnu le versement d'une indemnité de 1,5 million d'euros. DGS a en fait bénéficié "d'un préavis de 12 mois, dont une partie devait être exécutée jusqu'à fin mars", d'une "mise à la retraite obligatoire pour 300.000 euros" et d'une "indemnité transactionnelle de 1,5 million d'euros", a précisé jeudi Jean-Jaques Leguay, trésorier de l'UIMM. En raison de charges sociales, Denis-Gautier Sauvagnac a en fait "touché un peu moins", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une assemblée générale de présentation des comptes 2007 de la fédération. Pour l'UIMM, les indemnités de DGS ont représenté "un coût total de 2,6 millions d'euros en 2007", en incluant les charges patronales, a précisé son président, Frédéric Saint-Geours. Tout en soulignant : "Nous sommes en train de négocier l'ensemble des éléments pour avoir une transaction globale qui soit très nettement inférieure à celle dont nous venons de parler".

Le fisc s'intéresse aux "primes"

Outre cette indemnité de la discorde, en voie de "réexamen", Frédéric Saint-Geours a détaillé les activités de la "caisse de secours mutuel" de l'UIMM. Cette caisse, créée en 1972, est destinée à soutenir les entreprises adhérentes lors de conflits sociaux. Valorisée environ 600 millions d'euros, elle a profité à "deux ou trois entreprises en 2007", à hauteur de 574.000 euros, a assuré le président de la fédération, tout en se félicitant du fait que "le principe de transparence que nous adoptons" pourrait désormais fournir "une vision globale de l'activité de l'UIMM" - et notamment de cette fameuse caisse. Ce sont en effet les 19 millions d'euros retirés en liquide de cette caisse par Denis Gautier-Sauvagnac qui avaient déclenché l'enquête à l'origine de la tourmente dans laquelle s'était retrouvé pris l'ancien président de l'UIMM...

Mais les procédures ne sont pas closes pour l'UIMM. Le fisc a obtenu la communication par le parquet de Paris des documents du dossier UIMM relatifs aux compléments de salaires versés en liquide par la fédération de la métallurgie à plusieurs de ses cadres. Une dizaine en auraient bénéficié, dont "DGS", selon une source proche de l'UIMM. Cette communication du dossier pourrait aboutir au redressement fiscal des cadres de l'organisation patronale concernés. Sur les 19 millions d'euros retirés en espèces entre 2000 et 2007 sous l'autorité de DGS, trois millions d'euros, selon le parquet, ont en effet été utilisés comme primes et compléments de salaires pour les collaborateurs de l'UIMM.

D'après agence

le 20 mars 2008 à 18:42
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