Berlusconi promet encore un sauveur

le 23 avril 2008 à 08h08 , mis à jour le 23 avril 2008 à 15h12

Selon le futur chef du gouvernement, des investisseurs nationaux s'apprêtent à faire une offre pour la compagnie placée sous perfusion par l'Etat italien.

Air France - Alitalia © DR

Silvio Berlusconi avait assuré pendant toute la campagne électorale qu'il disposait d'un groupe d'entrepreneurs italiens prêts à mettre la main au portefeuille pour sauver Alitalia, mais le projet ne s'est toujours pas concrétisé. Il a récidivé mercredi en assurant que des banques et des compagnies aériennes, qu'il n'a pas nommées, allaient faire une offre sur la compagnie, tout en prévenant que le plan de sauvetage se traduirait par des coupes "douloureuses" dans les effectifs. L'offre sur la compagnie aérienne italienne se fera après une procédure de due dilligence, qui permet un accès aux comptes, pouvant durer jusqu'à cinq semaines, a précisé le futur Président du conseil italien sur une radio italienne. 

En attendant la concrétisation de ces projets, le gouvernement italien a décidé mardi d'accorder un crédit-relais de 300 millions d'euros à Alitalia, au risque de s'attirer les foudres de la Commission européenne, afin d'éviter une faillite à court terme de la compagnie aérienne. Le Premier ministre sortant Romano Prodi a déclaré que le montant de ce prêt avait été fixé par son successeur Silvio Berlusconi, qui veut se donner du temps pour étudier les moyens de sauver l'entreprise.

Que dira la Commission ?

Alors que cette dernière, encore détenue à 49% par le Trésor italien, devrait être à court d'argent d'ici quelques mois, le gouvernement sortant et l'actuel travaillent, fait exceptionnel, main dans la main pour maintenir à flot Alitalia. Le prêt, accordé au lendemain de l'annonce par Air France-KLM que son offre de reprise n'était plus valide, devra être remboursé avant la fin de l'année.  

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré qu'il était trop tôt pour commenter la décision du gouvernement italien, ajoutant que Bruxelles devait d'abord en étudier les tenants et les aboutissants. Mais l'exécutif européen a prévenu par le passé que toute aide de l'Etat accordée sans autorisation préalable pourrait faire l'objet d'une action en justice. Et la Commission avait également souligné qu'Alitalia ne pourrait plus bénéficier d'une aide d'Etat jusqu'en 2011 car elle en avait déjà obtenu dans le passé, les dernières remontant à 2001. "Il s'agit d'une intervention qui dans d'autres circonstances n'aurait pas été décidée", s'est justifié le ministre de l'Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, qui a dit "attendre de voir" la réponse de l'Union européenne.

D'après agences

le 23 avril 2008 à 08:08
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