© DRUn "fonds public chinois est entré au capital de Total. Il a pris graduellement position depuis quelques mois", a révélé jeudi la plus gros groupe français, première capitalisation du CAC 40. Ce mouvement n'a pas été présenté comme hostile par Total. Il s'agit d'un "message positif pour le groupe", car "les fonds souverains placent leurs liquidités dans des actifs rentables et de long terme", s'est félicité une porte-parole du groupe.
Cette prise de participation a été précédée par des "discussions régulières" entre le groupe pétrolier et ce fonds public, a-t-elle souligné. Selon le quotidien britannique Financial Times, l'investisseur serait la State Administration of Foreign Exchange (SAFE), l'organisme qui gère les réserves de la banque centrale chinoise.
"L'Asie est en pleine croissance"
L'arrivée d'un investisseur chinois chez Total pourrait ouvrir des portes au français en Chine, où il emploie 4.000 personnes. "Cela accroît la diversification du capital de Total et sa visibilité en Chine", s'est réjoui le groupe français. Le fait que la Chine investisse dans une société occidentale est aussi qualifié de "bonne nouvelle" par un grand investisseur européen, car "les sous qu'on leur laisse pour leurs produits reviennent chez nous".
Reste à savoir si ce fonds participera activement à la stratégie de Total voire entrera à son conseil d'administration, se demande cet investisseur. Total n'a pas voulu dire quel pourcentage d'actions le fonds détenait. Selon le Financial Times, qui cite une personne proche de la compagnie chinoise, la SAFE aurait déjà acheté 1,6% du capital du groupe français mais le financier belge Albert Frère, reste "toujours le premier actionnaire" de Total, avec 5,3% du capital. Mais il n'est cependant pas exclu que le fonds chinois étende sa participation. La part des actionnaires asiatiques dans Total "va monter", a-t-on d'ailleurs ajouté chez Total, car "l'Asie est en pleine croissance".
Conséquences politiques?
Le capital de Total était détenu à 88% par des investisseurs institutionnels (d'Amérique du Nord à 29%, de France à 21%, du Royaume-uni à 14%, du reste de l'Europe à 21% et du reste du monde à 3%), à 8% par des actionnaires individuels et à 4% par des salariés.
Or plusieurs responsables gouvernementaux se sont récemment inquiétés des intentions de ces fonds, soupçonnés d'être utilisés à des fins politiques. Opérant seuls et en dehors des règles de contrôle qui s'imposent traditionnellement aux acteurs de marché, ils ont été créés par des Etats d'Asie ou du Golfe, pour investir leurs revenus provenant de l'excédent de leurs balances des paiements ou de leurs immenses recettes pétrolières.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




