Denis Gautier-Sauvagnac, président de Union des industries et métiers de la métallurgie et vice-président de l'Unedic © LCIMis en examen le 15 janvier pour "abus de confiance", "recel d'abus de confiance" et "travail dissimulé", l'ancien président de l'UIMM a justifié jusqu'à aujourd'hui son silence par son souci d'éviter "un grand déballage mettant en cause tel ou tel organisme". Cela "ne serait pas bon du point de vue de l'intérêt général", selon lui. Mais près de 19 millions d'euros en espèces ont été retirés sous son autorité entre 2000 et 2007 alors qu'il était délégué général de la fédération la plus riche et la plus puissante du Medef. Et "DGS" a dû s'expliquer mercredi après-midi devant le juge Roger Le Loire, qui devrait notamment l'interroger sur la destination de ces fonds. Arrivé dans le bureau du magistrat vers 14 heures, il en est ressorti à 18 heures. Selon une source proche du dossier, Denis Gautier-Sauvagnac n'a pas livré au juge les noms des bénéficiaires des retraits suspects.
Le magistrat instructeur devait également interroger Denis Gautier-Sauvagnac sur une éventuelle connaissance que le Medef pourrait avoir eu de l'existence de ce système de retraits.
DGS et Daniel Dewavrin, son prédécesseur à la tête de l'UIMM mis en examen mercredi, affirment que la présidente du Medef Laurence Parisot était informée "avant l'été" 2007 de son existence. Ces accusations, rejetées par l'intéressée, ont conduit à une perquisition du siège du Medef jeudi. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs étaient à la recherche de courriers électroniques entre Laurence Parisot, et d'autres membres du Medef, qui concerneraient notamment le système de retrait en espèces de l'UIMM.
Que sont devenus les 19 millions ?
Selon le parquet, sur les fameux 19 millions d'euros retirés, trois millions ont été utilisés comme compléments de salaire pour des collaborateurs de DGS, valant à quatre d'entre eux des poursuites pour "recel d'abus de confiance". Quelque 2,3 millions d'euros ont été retrouvés dans des coffres de l'Union des industries et métiers de la métallurgie lors de perquisitions. Tout cet argent provient d'une caisse de secours mutuel créée en 1972, l'Epim, destinée à soutenir les entreprises adhérentes ayant subi des préjudices lors de conflits sociaux. Malgré d'importants moyens déployés au cours de l'enquête préliminaire puis la désignation d'un juge début décembre, la destination du reste des fonds reste inconnue.
Piste privilégiée par les enquêteurs : le financement de syndicats. Mais ils n'excluent pas qu'une partie ait pu servir à des financements politiques occultes. L'ancien patron des Renseignements généraux, Yves Bertrand, a donné corps à cette hypothèse dans un ouvrage dans lequel il écrit notamment que des "enveloppes" de l'UIMM ont servi à la campagne de Valéry Giscard d'Estaing pour l'élection présidentielle de 1974. "Sa logistique, son service d'ordre, ce sont les 'petits gars' d'Ordre nouveau", un groupuscule d'extrême droite, "qui les ont assurés grâce aux enveloppes en liquide" de l'UIMM, a notamment affirmé Yves Bertrand, entendu comme témoin par le juge en mars.
D'après agence
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