Le futur A350 d'Airbus © DR / AirbusProduire américain. Voilà la nouvelle stratégie d'EADS pour contourner les très désagréables effets de l'euro fort sur les coûts de production de ses avions. Sa filiale Airbus vient de choisir l'équipementier américain Spirit pour prendre en charge la réalisation d'une partie du fuselage de l'Airbus A350, fabriquée jusqu'ici en Europe, selon les révélations mercredi du Figaro Economie. Le quotidien rappelle que le groupe américain avait été écarté de la liste des repreneurs potentiels des sites européens d'Airbus en décembre dernier.
L'A350 comptera plus de 50% de composites, spécialité de Spirit, à l'instar du Boeing B787, le programme d'avion long courrier économique dans lequel l'équipementier américain est également engagé. Spirit avait un autre argument de taille, la fabrication aux Etats-Unis, au moment où l'avionneur européen cherche à réduire les coûts en euro de l'avion. Airbus avait déjà confié 5% du programme à l'industrie chinoise et compte aussi des partenaires en Russie.
Airbus délocalise...
Interrogé sur RTL, le patron d'EADS n'a pas directement confirmé l'information mais il a évoqué plus généralement des économies dans la recherche et le développement et encore plus d'achats en zone dollar. Louis Gallois a expliqué les mesures complémentaires au désormais célèbre plan Power8, rendues nécessaires notamment par la faiblesse du dollar : "Cela veut dire délocaliser, (...) faire faire ce qui relève moins de la haute technologie dans des pays qui sont à l'abri des risques de change". Il également voulu rassurer en affirmant que les mesures additionnelles que le groupe européen de défense et d'aéronautique compte mettre en place d'ici l'été, "ne porteront pas principalement sur l'emploi".
EADS est sous pression après l'abandon des discussions sur la vente de cinq de ses sites, deux en France et trois en Allemagne, qui faisait partie de son plan de restructuration. "Nous ne renonçons pas du tout à céder ces sites", a assuré Louis Gallois, "le processus va se poursuivre, il prend un peu plus de temps que prévu à cause de la situation financière internationale". "Nous avons besoin de réduire la charge que représente le financement des grands programmes aéronautiques et pour cela il faut trouver des partenaires", a-t-il ajouté.
...EADS décolle
Le monde de la finance semble valider cette stratégie. Le titre EADS s'envolait mercredi matin, profitant des résultats trimestriels meilleurs que prévu du géant européen de la défense et de l'aéronautique, sorti du rouge avec un bénéfice net de 285 millions d'euros après une perte nette. "Nous estimons que les résultats du premier trimestre traduisent les efforts réalisés par EADS pour améliorer sa profitabilité et son management de programme", explique Harald Liberge-Dondoux, analyste du CM-CIC, soulignant que l'embellie touchait "toutes les divisions du groupe".
Il ajoute toutefois "manquer encore de visibilité pour estimer le groupe totalement hors de la zone à problèmes", d'autant plus qu'Airbus vient d'annoncer de nouveaux retards de livraison de l'A380 (voir notre encadré ci-dessous), sans préciser pour l'instant le nouveau calendrier ni l'impact financier de ces retards. Cela n'empêchait pas l'action EADS de prendre après 9 heures mercredi près de 6%, dans un marché parisien en hausse.
| Les retards? "Pas une catastrophe" |
Airbus avait annoncé mardi de nouveaux retards de livraisons de son très gros porteur A380. En 2010, EADS prévoit de livrer entre 30 et 40 A380 contre "42 annoncés" initialement, a précisé Louis Gallois. A propos de ces quatrièmes retards en deux ans, il a estimé qu'ils étaient "une mauvaise nouvelle pour les clients" mais "pas une catastrophe", ajoutant qu'il s'agissait "de quelques mois, d'un nombre très limité". "Notre métier est un métier très difficile, il arrive qu'il y ait des retards (...) nous avons rencontré des difficultés, nous les surmontons", a-t-il expliqué. "Sur ces retards, il n'y a absolument aucun problème franco-allemand et je trouve détestable ces polémiques qui apparaissent systématiquement chaque fois qu'il y a des problèmes chez Airbus pour dire c'est la faute de l'autre". |
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