© AFPLa hiérarchie de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications qui lui ont fait perdre 4,9 milliards d'euros, a été "défaillante dans la supervision de ses activités". C'est ce que révèle le rapport interne de la banque publié vendredi, sous la responsabilité d'un comité spécial composé d'administrateurs indépendants. Ce rapport estime notamment que le "superviseur immédiat [de Jérôme Kerviel] manquait d'expérience du trading et n'a pas été suffisamment encadré". D'où le fait que ce dernier "a fait preuve d'une tolérance inappropriée à la prise de positions" non autorisées de Jérôme Kerviel sur les marchés.
Outre la hiérarchie, le rapport pointe également du doigt "les manoeuvres et l'habileté du trader à dissimuler ses positions, ses risques et ses résultats", qui lui ont permis d'éviter jusqu'en janvier 2008 la détection de ses positions. L'Inspection générale de la Société Générale a également relevé dans son rapport des "indices de complicité" d'un "assistant trader". "De nombreuses opérations de nature frauduleuse de Jérôme Kerviel ont été saisies par cet assistant trader", indique l'Inspection générale, qui mentionne aussi "un message électronique qui semble établir" que cet assistant "avait connaissance du résultat réalisé" par Jérôme Kerviel "sur ses transactions frauduleuses".
Les avocats de Kervial satisfaits
S'agissant des fonctions de contrôle, l'enquête de l'Inspection générale a révélé "certaines faiblesses", comme le fait que les moyens affectés à ces fonctions ont crû moins vite que les volumes d'opérations du pôles actions. Il critique également la "fragmentation des contrôles entre plusieurs unités", et "l'absence de centralisation systématique des alertes et de remontée au bon niveau hiérarchique". Il regrette enfin que, au niveau des back et middle office, tous deux chargés du suivi des opérations sur les marchés, la priorité ait été donnée "à la bonne exécution des transactions" plutôt qu'à la prévention du risque de fraude.
Par ailleurs, les inspecteurs confirment n'avoir pas identifié "d'indice de détournement de la part de" Jérôme Kerviel. Vendredi soir, les avocats de ce dernier se sont dit satisfaits. "Pour autant la Société Générale se refuse toujours à tirer les conclusions qui s'imposent en tentant d'exonérer une nouvelle fois de leur responsabilité les supérieurs de Jérôme Kerviel", regrettent Me Elisabeth Meyer et Guillaume Selnet, qui estiment que la banque s'est trouvé "un nouveau bouc émissaire (...) en la personne d'un assistant de 23 ans".
(D'après agence)
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