Louis Gallois, patron d'Airbus lors la présentation de Power 8 à Toulouse le 28 février 2007 © DRLes dirigeants du groupe européen EADS se sont montrés prudents lundi devant leurs actionnaires, soulignant les "risques" qui pèsent sur les programmes A400M et A380. Concernant ces deux programmes majeurs pour le groupe européen, qui ont déjà connu des retards, il y a "encore des niveaux non négligeables de risques d'exécution", a déclaré le président exécutif, Louis Gallois, lors de l'assemblée générale des actionnaires à Amsterdam. Au sujet de l'A380, "la montée en cadence est en marche, donc nous ne faisons pas face à la même catastrophe qu'il y a deux ans, mais cela ne va pas assez vite", a-t-il dit, ajoutant que le nouveau retard pour l'avion est de "trois à cinq mois". Quant au premier vol de l'avion de transport militaire A400M, il "devrait avoir lieu cet été, même si cela ne va pas sans risque", a précisé Louis Gallois, tout en qualifiant cet objectif de "tendu".
Le président d'EADS a par ailleurs indiqué que les prises de commandes pourraient ralentir pour Airbus, "sur les prochains trimestres (...) en raison des difficultés des compagnies aériennes à cause de la forte augmentation des prix du pétrole". Il a toutefois confirmé les objectifs financiers d'EADS pour 2008 et la prévision de plus de 700 prises de commandes pour Airbus. Pourtant, Louis Gallois et le directeur financier, Hans-Peter Ring, ont souligné que l'impact financier pour EADS du nouveau calendrier pour l'A380 n'avait pas encore été évalué.
De son côté, le président d'Airbus, Tom Enders, en marge du salon aéronautique ILA de Berlin, a réitéré lundi son appel en faveur d'aides publiques plus en rapport avec celles reçues par son concurrent américain Boeing. "Notre préoccupation n'est pas l'aide publique en tant que telle mais d'établir un certain équilibre avec l'aide publique reçue par la concurrence", a-t-il déclaré avant une réunion ministérielle de pays européens partenaires dans Airbus mardi. Il a notamment souligné les subventions américaines accordées à Boeing pour le développement de son avion 787 Dreamliner, ainsi que le soutien important à ce programme au Japon. "Le sujet va devenir plus difficile car il ne sera plus purement bilatéral", un nombre croissant de pays participant à des programmes d'avions, a ajouté Tom Enders.
(D'après agence)
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