© AFPIl faut s'attendre à des rebondissements dans l'affaire Kerviel. Après la clôture de la Bourse ce soir, la Société Générale mettra en ligne, sur son site Internet, la version finale du rapport interne destiné à faire la lumière sur les circonstances de l'affaire qui lui a coûté près de 5 milliards d'euros. Pour la première fois, les supérieurs directs du trader pourraient être épinglés.
Le rapport, qui devait être remis au préalable aux juges d'instruction chargés du dossier, rendra compte d'une mission, conduite par plus de quarante inspecteurs. Cette enquête devait établir la "chronologie des positions frauduleuses, identifier les responsabilités et les dysfonctionnements dans les contrôles ayant permis la fraude" et "rechercher d'éventuelles complicités".
"Les superviseurs de Kerviel n'ont pas fait leur travail"
D'après l'International Herald Tribune, le rapport final mettrait cette fois en cause les deux supérieurs directs de Kerviel sur le desk Delta One, qui ont été entendus par la justice en qualité de témoins. Il exonérerait en revanche les supérieurs de ces derniers. "Ce qui apparaît clairement dans ce rapport, c'est que les superviseurs de Jérôme Kerviel n'ont pas fait leur travail", déclare une personne ayant lu le rapport, citée par l'IHT.
Le rapport indiquerait également que Kerviel ne serait pas lui-même entré dans le système informatique de la banque en utilisant une fausse identité, mais que son assistant l'aurait fait à sa place "à plusieurs occasions", soulevant ainsi la question de sa complicité dans l'affaire.
Complicité ou pas ?
Selon le Financial Times, qui ne cite pas de source, le rapport devrait également blâmer la "culture et le comportement" de la banque, qui se serait montrée, d'après le journal, plus soucieuse de développer sa banque d'investissement que de renforcer ses contrôles.
Un rapport d'étape publié en février par la Société générale apportait, lui, des conclusions plus nuancées. Il regrettait d'un côté "l'absence de certains contrôles qui auraient été susceptibles d'identifier la fraude", mais insistait de l'autre sur "l'efficacité et la variété des techniques de dissimulation utilisées" par Jérôme Kerviel. Le rapport d'étape écartait, faute de "preuve", l'existence de complicité et ne se prononçait pas sur la responsabilité de la hiérarchie directe du trader, car les enquêteurs n'avaient pas pu rencontrer tous les protagonistes de l'affaire.
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