Les nouveaux remous de l'affaire Kerviel

le 08 mai 2008 à 14h27 , mis à jour le 08 mai 2008 à 15h13

L'ex-trader de la Société Générale soupçonné de fraude est employé par une société d'expertise informatique, LCA, depuis le début du mois d'Avril.

[Expiré] [Expiré] Jérôme Kerviel © AFP

Remis en liberté le 18 mars dernier, après son passage derrière les barreaux dans le cadre de l'enquête sur le "trou" de 4,9 milliards d'euros que ses activités auraient creusé dans les comptes de la Société Générale, Jérôme Kerviel a retrouvé du travail. L'ex-trader soupçonné de falsifications est employé par une société d'expertise informatique, LCA. Bientôt, certains de ses ex-supérieurs pourraient, à leur tour, devoir entamer leur reconversion. Notamment celui qui contrôlait directement les activités du trader, Eric Cordelle.

Ce chef du desk "Delta One" où travaillait Kerviel et d'autres traders, avait notamment accès quotidiennement aux engagements de trésorerie pris par ses subordonnés. Alors qu'on reproche à Kerviel des prises de position à risque à hauteur de 50 milliards d'euros, ses manoeuvres, qui duraient depuis plusieurs années, avaient donné lieu à des alertes. Un rapport interne de la banque avait notamment fait état de 74 d'entre elles en décembre 2006 et janvier 2007, dont certaines destinées à Eric Cordelle.

Le conseil des prud'hommes saisi pour "rupture de contrat abusive"

La justice ne le tient pour l'heure pas pour responsable dans ce dossier : tout au plus les juges ont-ils pointé des légèretés dans le contrôle qu'il effectuait. Ils ne l'ont d'ailleurs interrogé qu'en tant que simple témoin ; ils ont pour l'instant limité le champ des responsabilités pénales au trader et ne l'ont donc pas mis en examen. Mais la Société Générale semble moins magnanime. On savait déjà Eric Cordelle sous le coup d'une procédure de licenciement par la banque. S'il faut en croire Le Parisien, la procédure progresse puisque l'ex-supérieur de Kerviel a déjà fait l'objet d'un entretien préalable en vue de son licenciement. Motif invoqué : "insuffisance professionnelle". Du côté de la Société Générale, on se refuse à commenter cette information.

Désormais, et à supposer que cet entretien préalable n'ait pas permis d'aboutir à une conciliation, ce qui est théoriquement le but de cette démarche, la suite de la procédure prévoit que l'employeur peut notifier à l'employé son licenciement par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette notification pourrait donc intervenir à tout moment pour Eric Cordelle. Mais son avocate aurait d'ores et déjà saisi le conseil des prud'hommes pour "rupture de contrat abusive". Par ailleurs, toujours selon Le Parisien, Eric Cordelle ne serait pas le seul concerné. Deux autres supérieurs de Kerviel seraient sous la menace d'une même procédure de licenciement.

Soucieux de protéger ses responsabilités et son image dans cette affaire, l'ex-supérieur de Kerviel a déjà tenté de se constituer partie civile. "Eric Cordelle estime qu'il subit un préjudice d'image du fait du délit de faux, car ces faux ont été faits pour le tromper", avait justifié son avocat Me Farthouat. "C'est une manière de marquer qu'il n'a pas l'intention, non pas sur le plan pénal, mais en terme d'image, d'être la victime expiatoire. Il n'a pas l'intention de se laisser hâcher menu". Le parquet de Paris a demandé le rejet pour irrecevabilité de sa demande. Quant à Jérôme Kerviel, il continue d'être régulièrement entendu par les juges d'instruction Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset qui n'ont pas clos leur enquête.

D'après agences

le 08 mai 2008 à 14:27
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