© sxc.huEn France, le débat sur les "parachutes dorés", ces indemnités payées lors du départ des dirigeants d'entreprise, s'inscrit dans celui, plus global, sur les rémunérations des grands patrons. Récemment, une enquête du magazine l'Expansion soulignait que les revenus des dirigeants du CAC 40 avaient bondi de 58% en 2007, avec un gain moyen de 4 millions d'euros, grâce notamment aux profits tirés par la levée de leurs stock-options. Le magazine avançait le montant record de 161 millions d'euros perçus au total par les 40 dirigeants. Ce week-end, une autre étude, réalisée pour Le Monde, révèle qu'un quart des sociétés du CAC 40 prévoit de verser des "parachutes dorés" à leurs dirigeants.
La loi TEPA (loi travail, emploi et pouvoir d'achat) d'août 2007 avait pourtant été votée précisément pour limiter les abus les plus criants. Elle oblige désormais à plus de transparence sur les montants versés. Elle subordonne également ces indemnités de départ au respect de critères de performance au sein de l'entreprise. Mais si elle a représenté "un premier effort de transparence", selon l'étude réalisée par le cabinet de conseil Investorsight, elle ne s'est pas traduite nécessairement par un changement des comportements. L'étude souligne ainsi que si "les actionnaires s'interrogent sur les montants (...) cela ne se traduit pas dans leur vote".
Des "parachutes" critiqués... mais votés malgré tout
L'étude a recensé 51 "parachutes dorés" soumis au vote des actionnaires lors des assemblées générales 2008 de 250 sociétés cotées. Elle a aussi relevé que les dix plus gros "parachutes" - en majorité au sein du CAC 40 - représentent un montant cumulé de 50 millions d'euros. En tête de liste figurent Gilles Pélisson, directeur général du groupe Accor, ainsi que Patricia Russo, patronne de l'équipementier en télécoms Alcatel-Lucent, avec six millions d'euros chacun.
Le cas de cette dernière paraît emblématique de la difficulté à faire évoluer les comportements malgré la loi TEPA. Alcatel-Lucent traverse actuellement une mauvaise passe et les indemnités de Patricia Russo sont sous le feu des critiques des petits actionnaires, mécontents des piètres résultats de la société et du non-paiement, cette année, d'un dividende. Ces critiques n'ont pourtant pas empêché, vendredi, l'assemblée générale d'Alcatel-Lucent d'approuver à une confortable majorité (80,49%) le parachute doré de Patricia Russo.
Enfin, au-delà de cette question des "parachutes dorés", Investorsight relève qu'il existe d'autres façons de dédommager un patron remercié, comme par exemple, les clauses de non-concurrence ou les "retraites chapeau". A ce propos, les 29 millions d'euros versés à l'ancien PDG de carrefour Daniel Bernard avaient fait scandale en 2005.
D'après agence
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