Sarkozy prend le train en marche, Huchon se fâche

Par D'après agence, le 20 mai 2008 à 15h21 , mis à jour le 20 mai 2008 à 20h03

Le président de la République a assuré mardi que l'Etat pourrait reprendre le dossier du RER A. Le président de la région Ile-de-France dénonce une "manoeuvre".

quai RER SNCF RATP grèveUn quai de RER (archives). © TF1

Nicolas Sarkozy a assuré mardi à Orléans que l'Etat prendrait en main le dossier de la modernisation de la ligne de RER A, actuellement saturée, si les "oppositions stériles" et les "querelles politiciennes" locales retardaient les investissements nécessaires (Voir notre article). "Si l'Etat doit reprendre la main, l'Etat la reprendra", a menacé le président de la République lors d'un discours sur l'environnement prononcé à Orléans.
 
"Je ne laisserai pas les passagers otages de situations inacceptables de lignes de RER vétustes, où chaque jour un million de passagers s'entassent, assistant impuissants aux affrontements stériles et à la vétusté des investissements", a-t-il ajouté. "La priorité, c'est pas les querelles politiciennes. La priorité, c'est l'efficacité", a insisté le chef de l'Etat, dénonçant "les oppositions stériles qui conduisent au refus absurde de la modernisation de lignes RER dont la région parisienne a par ailleurs parfaitement besoin".
 
"Les pouvoirs publics devront prendre leurs responsabilités"
 
"La décentralisation, c'est fait pour qu'on gère mieux, pas pour qu'on gère moins bien (...) si la décentralisation conduit aux regards stériles entre les élus, l'Etat, les pouvoirs publics devront prendre leurs responsabilités pour que les usagers ne soient pas otages de ces archaïsmes", a conclu le chef de l'Etat.
 
L'Association des usagers des transports (AUT) a lancé la semaine dernière une pétition pour l'amélioration des conditions de transport sur le RER A. Le PDG de la RATP, Pierre Mongin a demandé lundi aux élus de la région de débloquer des moyens pour généraliser les rames à deux étages.

"Manoeuvre politicienne"

Jean-Paul Huchon (PS), président du Syndicat des Transports d'Ile-de-France (Stif), a qualifié mardi de "manoeuvre politicienne" les déclarations du chef de l'Etat  Dans un communiqué, il a affirmé qu'il ne pouvait "accepter d'être mis en cause par le président de la République au motif que la décentralisation serait génératrice d'immobilisme" et a souligné que l'Etat est  "le seul actionnaire de la RATP" qui exploite cette ligne.

Egalement président de la région Ile-de-France, Jean Paul Huchon a contre-attaqué : "Je ne vois pas comment l'Etat pourrait reprendre la main. Il faudrait changer la loi. Où trouverait-il l'argent, puisqu'il nous a transféré cela (la compétence des transports régionaux, ndlr) pour se débarrasser des dépenses?" "Tous les votes au Stif se sont faits à l'unanimité depuis deux ans et Roger Karoutchi (UMP) a voté avec moi", a-t-il assuré.

Par D'après agence le 20 mai 2008 à 15:21
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