Bruxelles desserre l'étau

le 17 juin 2008 à 19h36 , mis à jour le 18 juin 2008 à 08h30

La Commission européenne a annoncé mardi être prête à autoriser les gouvernements de l'UE à verser des aides d'urgence aux pêcheurs.

Un bateau de pêche au Guilvinec Un bateau de pêche au Guilvinec © TF1/LCI

Les motifs de grogne sont multiples pour les pêcheurs, et depuis longtemps : quotas de pêche, poissons importés à bas coût... auxquels s'ajoute la question de l'explosion du prix des carburants, devenue récemment la plus criante. La Commission européenne a annoncé mardi des mesures d'urgence pour les aider - mais sans céder pour autant aux demandes d'aides nationales pour compenser la hausse des prix du pétrole. Ce plan, qui a fait l'objet d'un accord lors de la réunion de l'exécutif européen et qui sera présenté lundi prochain aux ministres de la Pêche des Vingt-Sept, prévoit pour l'essentiel des aides à la restructuration de la flotte de pêche. Il sera adopté officiellement début juillet par la Commission.

"Depuis de nombreuses années, la flotte de l'UE a pâti d'un cercle vicieux de surcapacité, de surexploitation et de bénéfices en déclin", a déclaré le commissaire européen à la Pêche, Joe Borg, qui entend s'attaquer aux causes de la crise. La Commission est ainsi prête à accepter des dérogations temporaire aux règles du Fonds européen de la pêche afin d'accélérer la restructuration de la flotte grâce à la levée des limitations au programme de "déchirage" des vieux navires. Les pêcheurs qui sont prêts à utiliser des moteurs plus économes en gazole et des méthodes de pêche moins dommageables pour l'environnement seront également soutenus.

Les demandes françaises et italiennes en partie entendues

Les marins-pêcheurs qui souhaitent abandonner temporairement leurs activités pendant une période maximale de trois mois pourront obtenir des aides en 2008 à condition que leurs navires soient inclus dans un plan de restructuration. Des réductions temporaires des contributions à la sécurité sociale seraient autorisées selon ce plan.

La Commission est également prête à accéder à la demande formulée mardi à Venise par sept pays, dont la France et l'Italie, de porter à 100.000 euros sur trois ans, contre 30.000 euros actuellement, le plafond des aides nationales au-delà duquel chaque pays doit obtenir l'autorisation de Bruxelles. Mais il ne pourra s'agir d'aides compensant la hausse du prix du gazole, que les pêcheurs français demandent de diviser pratiquement par deux. Cette dernière a déjà rejeté l'idée émise par Nicolas Sarkozy de plafonner la TVA sur le gazole. L'exécutif européen envisage enfin de consacrer une enveloppe de 20 à 25 millions d'euros pour augmenter le prix du poisson vendu par les pêcheurs.

Thon rouge: des pêcheurs bravent l'interdiction européenne

Le Syndicat des thoniers méditerranéens  (STM) qui regroupe 24 des 36 thoniers-senneurs français, a appelé mardi à  Marseille ses adhérents à pêcher le thon rouge dès minuit en Méditerranée malgré  l'arrêt de la pêche décidé la Commission européenne depuis lundi.  Le Commissaire européen, Joe Borg, à la pêche a refusé de suspendre l'interdiction contestée par sept pays européens dont la France, l'Italie et l'Espagne, au motif que selon lui les quotas de captures attribués ont déjà été atteints. En revanche, une autre organisation représentant 12 des plus importants  thoniers-senneurs français de Méditerranée, la Sathoan, s'est démarquée de cet  appel et indiqué que ses navires ne reprendraient pas la pêche.

D'après agence

le 17 juin 2008 à 19:36
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