Contre toute délocalisation, l'Etat prend sa part

Par D.H. (avec agence), le 12 juin 2008 à 14h35 , mis à jour le 12 juin 2008 à 17h56

Paris a annoncé jeudi que l'Etat était entré au capital des Chantiers de l'Atlantique à hauteur de 9%, après un accord avec le chantier sud-coréen STX.

TF1-LCI Les chantiers navals de Saint-NazaireLes chantiers navals de Saint-Nazaire © TF1-LCI

Les Chantiers de l'Atlantique, dernier grand constructeur naval civil français. Autant dire un enjeu de taille pour la France. C'est pourquoi le Premier ministre, François Fillon, a annoncé jeudi qu'un "accord de partenariat industriel" venait d'être signé avec le chantier sud-coréen STX Shipbuilding, actionnaire du norvégien Aker Yards. Accord qui prévoit que l'Etat français acquière 9% du capital d'Aker Yards France, la dénomination actuelle des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire. Le tout afin de pouvoir empêcher toute envie de délocalisation de la part du propriétaire.

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Les syndicats sont heureux. Même Nicolas Sarkozy se félicite, dans un communiqué, de cet accord qui permet de "sécuriser les intérêts stratégiques et industriels de la France". Il "montre qu'une politique industrielle active est à même de sécuriser la présence et le développement en France des activités stratégiques du tissu industriel national", souligne le chef de l'Etat. La participation de l'Etat français, "à côté de celle d'Alstom qui détient déjà 25% de l'entreprise, garantira aux intérêts français une minorité de blocage de 34 % au capital", poursuit le président.

Si le propriétaire des Chantiers de l'Atlantique, le groupe norvégien de construction navale Aker Yards, a dit sa "surprise" face à  ces informations, assurant ne pas avoir vendu d'actions dans sa filiale française, une source gouvernementale a expliqué à la mi-journée que l'accord signé entre l'Etat et STX, prévoyait que l'Etat pourrait acquérir prioritairement les 25% des Chantiers détenus par Alstom. 

Les chantiers de Saint-Nazaire, constructeurs de paquebots mythiques

Constructeurs depuis près de 150 ans de paquebots, les chantiers navals de Saint-Nazaire passés il y a deux ans sous le pavillon du norvégien Aker Yards sont les derniers du genre en France. Né en 1862, le chantier Scott de Saint-Nazaire sort en 1865 son 1er paquebot, "Impératrice Eugénie". Après une faillite et un plan de relance, il surfe sur l'explosion du trafic transatlantique et construit des fleurons nationaux comme le "Normandie" (1929) ou le célèbre "France" (1960). En 1955, Scott fusionne avec les Chantiers de la Loire pour donner naissance aux Chantiers de l'Atlantique. La disparition des transatlantiques oblige le chantier à un mariage avec Alsthom devenu Alstom. Ils construisent des pétroliers géants et de nouveaux paquebots de légende comme le "Sovereign of the seas". Le dernier grand chantier français va survivre tant bien que mal grâce notamment à sa cale de 425 m, la plus grande d'Europe. Il lance en 2003 le "Queen Mary II", à l'époque le plus grand paquebot du monde. En 2006, Alstom cède 75% de ses parts à un étranger, le Norvégien Akers Yards. Aujourd'hui, le chantier compte 3.000 salariés et autant chez ses  sous-traitants. Son carnet de commande est plein jusqu'en 2010, avec trois paquebots pour l'Italien MSC et deux paquebots géants pour le norvégien NCL.

Par D.H. (avec agence) le 12 juin 2008 à 14:35
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