© AFPL'affaire Kerviel lui a coûté sa place après plus de douze années à la Société Générale, Eric Cordelle clame pourtant qu'il n'a rien à se reprocher. Le supérieur hiérarchique direct de Jérôme Kerviel, estime que "l'attitude" du trader soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,9 milliards d'euros à la Société Générale était "indécelable".
Dans un entretien publié par le Figaro, il indique avoir "reçu (sa) lettre de licenciement le 23 mai", jour même de la publication d'un audit interne de la banque qui qualifiait de "défaillante" la hiérarchie du trader. "Je pense avoir fait mon boulot avec les cartes que j'avais. J'ai bien entendu le regret d'avoir accepté ce poste et d'avoir été trompé par ce bonhomme", réplique Eric Cordelle. "Moi, je suis ingénieur financier. Je ne suis pas trader. Le rôle de l'ingénieur financier est d'inventer des produits structurés et de les mettre en oeuvre", se défend-il, ajoutant qu'il avait uniquement "une expérience de management".
"Il suffit de cliquer un peu plus sur la souris"
"A posteriori, on peut bien sûr penser à mille choses. Sa trésorerie par exemple", reconnaît-il cependant. "Je me souviens d'une conversation informelle début janvier 2008, autour d'un café et d'une cigarette. Je lui ai lancé : Tiens, tu as vu ta trésorerie? Il m'a répondu: Oui, c'est réglé", raconte l'ingénieur financier. "On me reproche de ne pas l'avoir interrogé sur la provenance des fonds. Si je l'avais fait, il m'aurait inventé une réponse", poursuit-il.
L'interview révèle également des détails ahurissants, s'ils sont vérifiés par l'enquête. "Pour acheter 1,19 milliard, il suffit de cliquer un peu plus sur la souris que les jours normaux. Les clics de souris, ce n'est pas visible ! Il faut bien avoir en tête que tout cela est dématérialisé. Personne n'a rien vu. Ni moi, ni les autres traders", explique encore Eric Cordelle.
Jérôme Kerviel, 31 ans, a été mis en examen le 28 janvier pour "faux et usage de faux", "introduction dans un système de données informatiques" et "abus de confiance". "Jérôme était l'un des plus seniors. Il avait trois ans d'ancienneté, pas dix. C'était quelqu'un d'expérimenté, de technique, serviable. On le voyait comme ayant un bon potentiel", relate Eric Cordelle. "Il avait des idées nouvelles, des idées de produits. Il faisait du bon boulot: je parle de cela au passé. C'était le référent pour les juniors de notre petite équipe. Mais ce n'était pas un gourou".
| Merci Kerviel ! |
L'ancien trader britannique Nick Leeson, à l'origine de la ruine de la banque Barings en 1995, a "remercié", en plaisantant, le courtier français Jérôme Kerviel pour l'avoir replacé dans l'actualité, mardi à Hong Kong. "Jérôme Kerviel a redonné de l'importance à mon histoire et je l'en remercie", a déclaré Nick Leeson devant une assemblée de financiers au cours d'un sommet sur le commerce de la région Asie-Pacifique à Hong Kong. "Je ne suis pas sûr que son objectif était de rappeler aux gens mon passage à Singapour, mais cela (la fraude dans les opérations de trading) existe et c'est probablement quelque chose qui se passe beaucoup trop souvent", a-t-il estimé. |
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