
Abou Dhabi dit étudier le dossier "sérieusement", l'Elysée confirme, Nicolas Sarkozy s'en félicite. Bref, c'est peut-être la fin d'une mauvaise passe pour le Rafale de Dassaut Aviation, jamais exporté jusqu'ici. Des discussions ont été engagées entre les Emirats arabes unis et la France pour l'éventuel remplacement des 63 Mirage 2000 de l'armée de l'air émirienne par des avions de combat polyvalent Rafale.
"En cas de signature prochaine de contrat, les premiers appareils pourraient être livrés à partir de 2012", affirme l'Elysée qui souligne qu'"il n'y a pas de date fixée ni de négociations commerciales entamées à ce stade" et que "les discussions vont se poursuivre dans les semaines qui viennent".
Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation, a estimé vendredi que l'annonce des Emirats était une "bonne nouvelle". "Il va falloir maintenant qu'on rentre dans la discussion de fond", a-t-il ajouté, estimant que "ceci est l'illustration que la vente d'avions de combat est un sujet très politique et que sans des accords politiques, on ne peut pas réussir".
La coopération Emirats/France bonne
Le Rafale a connu des échecs dans des pays clients traditionnels des Etats-Unis, comme la Corée du Sud, les Pays-Bas, Singapour, ou encore l'Arabie saoudite, qui lui a préféré l'Eurofighter, commandé à son fournisseur britannique traditionnel. Le Maroc, pourtant pays ami de la France, lui a également préféré en 2007 le F16 américain. Mais, en janvier, le ministre français de la Défense Hervé Morin avait affirmé que les discussions sur la vente éventuelle du Rafale à la Libye se passaient "tout à fait convenablement". En décembre dernier, au premier jour d'une visite du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Paris avait annoncé la signature d'un "mémorandum d'intention" avec la Libye, précisant que Tripoli envisageait l'achat de 14 avions Rafale, ainsi que de 35 hélicoptères et d'autres équipements militaires, pour un montant total de 4,5 milliards d'euros. Ce mémorandum prévoyait "une négociation exclusive d'ici au 1er juillet".
La coopération entre les Emirats arabes unis et la France dans le domaine de la défense est très bonne. Les Emirats arabes unis avaient acheté 30 Mirage 2000-9 en 1998. Le contrat de l'époque, d'un montant de 3,2 milliards de dollars, comprenait également la modernisation de 33 Mirage. Quatre ans plus tôt, l'armée des Emirats arabes unis avait commandé plus de 400 chars Leclerc auprès de la firme française Giat. En janvier, les Emirats ont accordé à la France une base militaire permanente, appelée base "interarmées" (terre, air, mer), qui devrait compter de 400 à 500 militaires. Elle "sera opérationnelle courant 2009" à Abou Dhabi, avait précisé le chef d'état-major particulier de Nicolas Sarkozy.
| Le F-16 de Lockheed Martin choisi par le Maroc |
Les F-16 américains étaient en concurrence au Maroc avec le Rafale de Dassault. Le constructeur aéronautique américain Lockheed Martin a annoncé vendredi que le Maroc avait officialisé sa commande de 24 avions de chasse F-16. Le lancement de la production des appareils fait l'objet d'un premier contrat, valorisé à 233,6 millions de dollars. En décembre, le Pentagone avait informé le Congrès américain de son intention de vendre au Maroc 24 avions de chasse F-16 de Lockheed Martin, ainsi que des équipements et des services associés, pour un montant total pouvant aller jusqu'à 2,4 milliards de dollars. L'échec de la vente du Rafale au royaume chérifien, face au chasseur américain, avait été annoncé en octobre. Le Maroc est le 25ème pays à s'équiper de F-16. |
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