
Fin du feuilleton en vue. Après deux ans et demi de combats juridiques, syndicaux et politiques, les actionnaires de GDF d'une part et de Suez d'autre part tiennent ce mercredi une assemblée générale sur la fusion du groupe gazier avec le groupe d'énergie, d'eau et de déchets.
Et l'issue du vote du côté des actionnaires de GDF ne fait aucun doute : l'Etat détient près de 80% du capital du groupe et n'a aucune raison de rejeter une opération qu'il a lui-même initiée. Selon les analystes, il est peu probable que les actionnaires de Suez qui ne se sont pas encore engagés à approuver la fusion se prononcent contre les termes de ce pacte, qui doit donner naissance à un géant européen des services aux collectivités avec une capitalisation boursière proche de celle de son rival allemand E.ON . E.ON pèse environ 82 milliards d'euros en Bourse. Une fois obtenu le feu vert des actionnaires, le nouveau groupe GDF Suez fera ses débuts en Bourse le 22 juillet.
Un cadeau aux actionnaires pour sceller le mariage
Et pour fêter la fin probable des ennuis, les deux groupes ont annoncé mardi que le futur groupe GDF Suez ferait un geste. Le PDG de Suez et futur président du nouvel ensemble, Gérard Mestrallet, et le PDG de Gaz de France, Jean-François Cirelli, futur numéro deux, "ont décidé de proposer au nouveau conseil d'administration de GDF Suez de verser un dividende exceptionnel de 0,80 euro par action du nouveau groupe".
"Son principe sera soumis au conseil d'administration de GDF Suez après les arrêtés des comptes du premier semestre 2008, le 31 août 2008", ajoutent-ils, précisant que "ce dividende exceptionnel s'ajoutera au dividende ordinaire versé en 2009 au titre des résultats de l'exercice 2008".
GDF Suez sera présent sur l'ensemble de la chaîne énergétique
Pour mémoire,l'opération avait été annoncée pour la première fois en février 2006 par Dominique de Villepin, à l'époque Premier ministre. Elle coïncidait avec l'annonce par le premier groupe italien de services aux collectivités, Enel, qu'il pourrait prendre une participation dans le belge Electrabel et que cette opération n'excluait pas une OPA sur sa maison mère Suez. D'où la difficulté pour les présidents de Suez et de GDF, Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, de mettre en avant l'intérêt industriel d'une fusion longtemps perçue comme purement défensive. Entre les enquêtes de la Commission européenne, un débat de longue haleine sur la privatisation de GDF, les demandes d'information supplémentaires des syndicats -parfois appuyées par la justice- et l'évolution des valorisations défavorable à GDF par rapport au projet de fusion initial, le parcours a été semé d'embûches pour les deux groupes. Le Parti socialiste a de nouveau dénoncé mardi "tant le principe que les modalités" de cette fusion.
D'un point de vue industriel, GDF Suez sera présent sur l'ensemble de la chaîne énergétique (de l'amont à l'aval, dans le gaz et l'électricité, dans l'énergie et les services) et deviendra un concurrent frontal du français EDF et de l'allemand E.ON.
Henri Guaino dément que l'Etat "se désengage" |
Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a démenti tout désengagement de l'Etat avec la fusion ce mercredi entre GDF et Suez. "L'Etat va être le principal actionnaire, et l'actionnaire décisif, déterminant d'un ensemble beaucoup plus grand que GDF, donc c'est pas l'Etat qui se désengage, c'est l'Etat qui s'engage", a-t-il déclaré sur France 2. "Plutôt que de contrôler totalement un petit morceau, il vaut mieux contrôler en grande partie un grand ensemble", a-t-il jugé. "C'est une façon de rééquilibrer les rapports de force sur ce marché et de créer un grand champion français de l'énergie". "On ne peut pas promettre" que les tarifs du gaz ne vont pas augmenter, a-t-il toutefois admis. "Ce serait démagogique de dire ça puisque les tarifs du gaz sont indexés sur ceux du pétrole et que le prix des énergies fossiles, gaz, pétrole, va sans doute continuer d'augmenter (...)". Défendant une "politique énergétique" européenne, le conseiller présidentiel a estimé par ailleurs que "l'Europe, si elle veut pouvoir négocier des prix du gaz, devrait s'unir, devrait faire par exemple une centrale d'achat du gaz pour pouvoir négocier en position de force". |
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