Le rapport qui accable Kerviel

Par S.O. (avec agence), le 31 juillet 2008 à 17h39 , mis à jour le 31 juillet 2008 à 18h59

Selon la Brigade Financière, le trader a "abusé de la confiance" d'une "hiérarchie négligente" pour réaliser ses falsifications.

[Expiré] [Expiré] Jérôme Kerviel © AFP

Il a fallu six mois d'enquête aux policiers de la Brigade financière pour rendre leur rapport de 29 pages sur les falsifications qui ont couté 4.9 milliards d'euros à la Société Générale. Pour cela, les policiers ont procédé à des réquisitions téléphoniques et bancaires, perquisitionné la banque, le domicile de Jérôme Kerviel et celui de plusieurs de ses proches, auditionné 64 personnes, dont quatre ont été mises en garde à vue.
 
Des mots durs
 
Dans son rapport, la Brigade financière utilise des termes accablants à l'égard de Jérôme Kerviel. Selon le document que l'AFP a consulté jeudi, le trader soupçonné de falsifications au dépens de la Société Générale a "abusé de la confiance" et  "profité de la négligence de sa hiérarchie".  Les policiers estiment que "Jérôme Kerviel a  su être convaincant et pertinent pour berner son entourage" et a fait "fi de  toute considération éthique et déontologique".

Alors que Kerviel soutient que sa hiérarchie était au courant de ses "positions (... )hors norme" non autorisées, les enquêteurs estiment que c'est "incohérent". Selon eux, le jeune trader "éprouvait la nécessité de les dissimuler, voire même  de les travestir par la production de faux documents".
 
 
Un rapport assez proche de celui de la Société Générale
 
Le rapport reprend dans ses grandes lignes la vision de l'affaire développée dans le rapport interne de la Société Générale rendu public le 23  mai. Comme la banque, la Brigade financière insiste ainsi sur l'insuffisance des services de  contrôle et sur la "défaillance" de la hiérarchie, dont Jérôme Kerviel a  "bénéficié et profité" de la "négligence". Les policiers critiquent l'"absence de curiosité ou de suspicion" de ses  supérieurs face aux agissements troubles du trader, l'absence de "suivi  quotidien des résultats et positions du trader" ou encore le non contrôle du  dépassement des limites de prises de risque autorisées. Son supérieur direct a particulièrement "manqué de réactivité et de  discernement" selon les enquêteurs qui considèrent toutefois que les manquements sont imputables à "l'ensemble" de sa hiérarchie.

Le rapport évoque longuement la piste d'éventuelles complicités, dont celle  de Thomas M., son assistant. Mais à la différence de la Société Générale, qui relève des  "indices de complicité" à son encontre, les policiers ne vont pas aussi loin. Pour eux, "l'enquête n'a pas permis de déterminer si Thomas M. avait pu être  abusé ou s'il avait conscience de la nature de l'activité déviante" du trader.  Le parquet a tout de même requis début juillet sa mise en examen pour complicité. 
 
Kerviel conteste la teneur du rapport
 
La défense de Jérôme Kerviel estime avoir besoin d'éclaircissements pour connaitre toute la vérité. A savoir  "s'il y a eu de la part de la banque une complaisance, une ignorance fautive, une complicité par fourniture d'instructions, voire de moyens". Des hypothèses pour l'heure évacuées par les enquêteurs.
 
Eric Dupond-Moretti, l'un des avocats du jeune trader, dénonce la divulgation d'extrait de ce rapport. "On ne peut pas accepter que le procès se fasse sur le procès-verbal de la  police dont il (Kerviel) conteste la teneur", a-t-il déclaré. Il a également annoncé le prochain dépôt d'une plainte pour "violation du secret de l'instruction".
  
  
(D'après agence)

Par S.O. (avec agence) le 31 juillet 2008 à 17:39
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3 Commentaires

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  • Patrick, le 31/07/2008 à 19h30

    Une affaire cousue de fils blancs. 4.9 Milliards d'euros, ce n?est pas de la négligence de la part de la hiérarchie, c?est une complète irresponsabilité.

  • Jacqpot, le 31/07/2008 à 19h17

    Vivement que cette affaire n'occupe plus le devant de la scène (comme l'affaire TAPIE...) pour permettre à la SG de regagner ses lettres de noblesse et donc de redorer son blason tout en redonnant confiance à son personnel et à ses actionnaires. Que faut il faire: - que la justice passe rapidement à l'encontre de M.Kerviel, - que M.Bouton quitte la SG comme cela se passe aux USA mais plus près de nous au Royaume Uni, en Allemagne...

  • Bernard, le 31/07/2008 à 19h01

    C'est vrai que c'est délirant: comment un rapport de police peut il devenir public de la sorte? Comme par définition les policiers enquêtent à charge, ce rapport ne vaut pas grand chose sans les contre-arguments de la défense; On a vraiment l'impression que ca arrangerait tout le monde que Kerviel porte tout seul le chapeau sinon on comprend mal une telle divulgation

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