© AFPIl a fallu six mois d'enquête aux policiers de la Brigade financière pour rendre leur rapport de 29 pages sur les falsifications qui ont couté 4.9 milliards d'euros à la Société Générale. Pour cela, les policiers ont procédé à des réquisitions téléphoniques et bancaires, perquisitionné la banque, le domicile de Jérôme Kerviel et celui de plusieurs de ses proches, auditionné 64 personnes, dont quatre ont été mises en garde à vue.
Des mots durs
Dans son rapport, la Brigade financière utilise des termes accablants à l'égard de Jérôme Kerviel. Selon le document que l'AFP a consulté jeudi, le trader soupçonné de falsifications au dépens de la Société Générale a "abusé de la confiance" et "profité de la négligence de sa hiérarchie". Les policiers estiment que "Jérôme Kerviel a su être convaincant et pertinent pour berner son entourage" et a fait "fi de toute considération éthique et déontologique".
Alors que Kerviel soutient que sa hiérarchie était au courant de ses "positions (... )hors norme" non autorisées, les enquêteurs estiment que c'est "incohérent". Selon eux, le jeune trader "éprouvait la nécessité de les dissimuler, voire même de les travestir par la production de faux documents".
Un rapport assez proche de celui de la Société Générale
Le rapport reprend dans ses grandes lignes la vision de l'affaire développée dans le rapport interne de la Société Générale rendu public le 23 mai. Comme la banque, la Brigade financière insiste ainsi sur l'insuffisance des services de contrôle et sur la "défaillance" de la hiérarchie, dont Jérôme Kerviel a "bénéficié et profité" de la "négligence". Les policiers critiquent l'"absence de curiosité ou de suspicion" de ses supérieurs face aux agissements troubles du trader, l'absence de "suivi quotidien des résultats et positions du trader" ou encore le non contrôle du dépassement des limites de prises de risque autorisées. Son supérieur direct a particulièrement "manqué de réactivité et de discernement" selon les enquêteurs qui considèrent toutefois que les manquements sont imputables à "l'ensemble" de sa hiérarchie.
Le rapport évoque longuement la piste d'éventuelles complicités, dont celle de Thomas M., son assistant. Mais à la différence de la Société Générale, qui relève des "indices de complicité" à son encontre, les policiers ne vont pas aussi loin. Pour eux, "l'enquête n'a pas permis de déterminer si Thomas M. avait pu être abusé ou s'il avait conscience de la nature de l'activité déviante" du trader. Le parquet a tout de même requis début juillet sa mise en examen pour complicité.
Kerviel conteste la teneur du rapport
La défense de Jérôme Kerviel estime avoir besoin d'éclaircissements pour connaitre toute la vérité. A savoir "s'il y a eu de la part de la banque une complaisance, une ignorance fautive, une complicité par fourniture d'instructions, voire de moyens". Des hypothèses pour l'heure évacuées par les enquêteurs.
Eric Dupond-Moretti, l'un des avocats du jeune trader, dénonce la divulgation d'extrait de ce rapport. "On ne peut pas accepter que le procès se fasse sur le procès-verbal de la police dont il (Kerviel) conteste la teneur", a-t-il déclaré. Il a également annoncé le prochain dépôt d'une plainte pour "violation du secret de l'instruction".
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




