
La Poste le confirme : une réflexion est bien menée sur son statut. L'entreprise pourrait devenir une société anonyme. Une annonce qui confirme les informations du quotidien Le Monde qui affirmait dans son édition datée de samedi que La Poste était en train d'étudier un changement de statut, passant ainsi d'un statut "exploitant autonome de droit public" à "une société anonyme". Selon le quotidien, ce projet est élaboré par le président de La Poste, Jean-Paul Bailly "depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion". Toujours selon le quotidien de la mi-journée, La Poste pourrait annoncer conjointement une "ouverture du capital limitée" du groupe, avec une "part significative d'actions réservées aux salariés", comme lors de la mise en Bourse d'EDF en novembre 2005. "L'Etat restera majoritaire dans le capital", selon une source proche du dossier, citée par le journal.
Pourtant, quelques minutes après la publication de ces informations, Bercy avait assuré que "rien n'était décidé" concernant un éventuel changement de statut, quel qu'il soit. "Il est normal de réfléchir à l'avenir de La Poste. Mais, à l'heure actuelle, il n'y a aucun calendrier ou décision de prise", a souligné le ministère de l'Economie, qui précise que ce changement de statut était "une proposition de La Poste". "Quoi qu'il arrive, les missions de service public de La Poste seront absolument maintenues", a précisé Bercy. De son côté, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a assuré que "La Poste restera une entreprise publique, et maintiendra ses missions de services publiques, notamment en terme d'aménagement du territoire, d'accessibilité bancaire, de distribution de la presse".
La CGT surprise
Mais pour les syndicats, l'inquiétude demeure. Du côté de la CGT de La Poste, on estime qu'un changement de statut pourrait laisser craindre des "milliers de suppressions d'emplois". Une transformation de La Poste en société anonyme "serait ni plus ni moins une privatisation de l'entreprise qui n'aurait alors plus rien à voir avec le service public. Or on connaît aujourd'hui les effets de la privatisation sur les salariés : chez France Telecom, ça a débouché sur des milliers de suppressions d'emplois qui continuent", a déclaré la secrétaire générale de la CGT-Poste, Colette Duynslaeger. La CFDT a dénoncé de son côté une "tentative de coup de force".
La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a également appelé vendredi à "s'opposer à une privatisation du service postal." Dans un communiqué, le parti trotskiste a écrit que "partout où le service public postal a été privatisé en Europe, des dizaines de milliers d'emplois ont été supprimés et le temps partiel a explosé. C'est notamment le cas en Suède, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas." De son côté, le PCF a estimé que que La Poste ne devait "pas être offerte en pâture aux appétits voraces du marché".
D'après agences
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