Le soldat Besancenot veut sauver La Poste

Par A.Gu. (avec agences), le 08 juillet 2008 à 15h24 , mis à jour le 08 juillet 2008 à 18h50

Le changement annoncé de statut pour la Poste n'est rien d'autre qu'une "privatisation déguisée" et une "déclaration de guerre", estime le postier le plus célèbre de France.

Photothèque de La Poste © Photothèque de La Poste

La Poste bientôt transformée en société anonyme... L'annonce a quelque peu mis en rogne le postier le plus célèbre de France. Il ne s'agit "rien d'autre que d'une privatisation déguisée, sous couvert d'une adaptation législative à la directive européenne (...)" a aussitôt déclaré Olivier Besancenot. "C'est une vraie déclaration de guerre et notre riposte doit être à la hauteur", prévient le porte-parole de la Ligue Communiste révolutionnaire (LCR) dans une interview au site internet Mediapart diffusée mardi. Il souligne que les privatisations de services publics menées à bien dans d'autre pays se sont à chaque fois traduites, selon lui, "par des dizaines de milliers de suppressions d'emplois, mais aussi par une augmentation des tarifs".
   
Le président de La Poste a confirmé mardi à la CGT le projet de changement de statut évoqué depuis quelques jours dans la presse. "Jean-Claude Bailly nous a confirmé qu'il y aura un changement de statut en 2009 accompagné par une ouverture de capital entre 10 et 20%", a déclaré Colette Duynslaeger, secrétaire générale de la Fédération CGT des activités postales et de télécommunications, à l'issue d'une rencontre avec le P-DG de La Poste.  Une source proche du dossier avait confirmé mardi que La Poste pourrait procéder à une ouverture d'environ 20% de son capital afin de récolter deux à trois milliards d'euros nécessaires au financement de son développement.
 
Une rencontre avec l'ensemble des organisations syndicales de La Poste aura lieu jeudi matin pour "s'exprimer ensemble sur les perspectives d'actions" a prévenu Colette Duynslaeger. "Il n'est pas question de laisser faire cette privatisation.Nous organiserons la riposte", a-t-elle dit.

Les Français divisés sur la continuité des services publics 

Selon un sondage publié mardi par l'Ifop pour le compte d'Acteurs publics et d'Ouest France, 53% des personnes interrogées jugent nécessaire de garder des services publics à proximité des usagers sur l'ensemble du territoire, quitte à augmenter les impôts, mais 44% se disent prêtes à renoncer à la continuité territoriale du service public, et donc à accepter la fermeture de certains services, pour réduire le déficit de l'Etat.
Les tenants d'une conservation des services publics quel qu'en soit le coût se retrouvent principalement chez les femmes, les 35-49 ans, les professions intermédiaires et les employés et, sans surprise, parmi les salariés du secteur public (69% contre 48% pour le secteur privé).
  
La question révèle surtout une fracture selon la sympathie partisane des personnes interrogées : 66% des proches de la gauche se disent attachés au maintien de l'offre de services publics quand 58% des sympathisants de droite (voire 65% à l'UMP) privilégient la nécessité d'économies budgétaires, quitte à voir fermer les services publics. Toutes tendances confondues, une nette majorité de Français (62%) approuve le principe d'un dédommagement de la commune concernée par des fermetures de services publics.

Par A.Gu. (avec agences) le 08 juillet 2008 à 15:24
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