© Photothèque de La PosteEst-ce le début de la fin d'un poids-lourd du service public ? Avec ses plus de 280.000 collaborateurs - dont 60% ayant le statut de fonctionnaire -, La Poste pourrait procéder à une ouverture d'environ 20% de son capital afin de récolter les deux à trois milliards d'euros nécessaires au financement de son développement.
Cette annonce faite lundi par une source proche du dossier, qui s'exprimait au lendemain de la confirmation par l'Elysée d'un projet de transformation de l'entreprise publique en société anonyme, entérine également une rumeur de valorisation d'environ dix milliards d'euros. Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a estimé dimanche sur Europe 1 que le projet de changement de statut de La Poste, que son président Jean-Paul Bailly présentera prochainement au gouvernement, méritait "l'intérêt", confirmant un article du Monde paru vendredi.
"Discussions approfondies"
A La Poste, on confirme également mais du bout des lèvres. "Nous travaillons à un changement de statut mais aucun dossier n'a été présenté au gouvernement", a ainsi déclaré une porte-parole de la Poste, ajoutant que "le but pour nous est d'être à peu près armés face à la concurrence, mais pas d'être privatisés". Du côté du ministère de l'Economie et des Finances, un porte-parole a déclaré que La Poste et le gouvernement menaient des "discussions approfondies", mais qu'il n'attendait pas d'évolution dans l'immédiat.
Face à cette avalanche d'indices, les syndicats semblent à l'avance prêts à combattre l'idée d'une entrée dans le secteur privé de La Poste. A Sud-PTT, par la voix d'un porte-parole, on dit attendre la confirmation d'un conseil d'administration jeudi, tout en doutant que "la question du changement de statut sera à l'ordre du jour". Mais d'assurer qu'il est question de "demander le retrait du projet". Par ailleurs, le syndicat se montre assez pessimiste sur l'issue d'une privatisation partielle :"on sait très bien que lorsqu'il y a une ouverture du capital, il n'est pas possible d'avoir une garantie de service élevée pour toute une population".
Marché libéralisé
Plusieurs opérateurs postaux européens se sont déjà transformés en société par actions, à l'image de la Deutsche Post en Allemagne ou de TNT aux Pays-Bas. En ce qui concerne le cas français, la Constitution interdit à l'Etat de descendre à moins de 50% du capital de La Poste, puisqu'elle constitue un service public national,. Mais la troisième directive postale européenne, qui libéralise le marché, devrait être transposée en droit français au premier trimestre 2009. La porte-parole de la société a toutefois jugé prématuré le délai de la fin du premier semestre 2009 évoqué dans la presse pour la mise en chantier d'un éventuel projet de cotation.
(D'après agence)
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