La fin du vide juridique pour les "motos-taxis" ?

Par F.L.-B., le 04 août 2008 à 15h37 , mis à jour le 04 août 2008 à 15h51

Profitant d'une législation inexistante, ils se développent dans les grandes villes comme Paris au grand dam des taxis à quatre roues. Tout pourrait changer à la rentrée.

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Ils sont désormais bien installés dans le paysage urbain, tout particulièrement dans la capitale ; pourtant, les motos-taxis échappent toujours largement à la comptabilisation comme aux réglementations. Ce que soulignait, au printemps dernier, le rapport sur les taxis du préfet Pierre Chassigneux. Lequel s'interrogeait alors sur l'attitude à adopter : "S'agissant des motos, la question s'est posée de savoir si l'Etat devait, en la réglementant, officialiser une activité dont le seul intérêt économique (la rapidité) repose sur l'inobservation du Code de la route (dépassement des véhicules par la droite en doublant entre les files). Mais puisque ce mode de transport répond à un besoin et qu'il existe, il est apparu plus opportun d'essayer d'offrir le maximum de garanties à ses clients en officialisant son usage".
Combien sont-ils ? Les évaluations oscillent - 150, 200, 300 ? Une chose est sûre : alors qu'ils étaient une toute petite minorité il y a une vingtaine d'années, le nombre de ces "nouveaux taxis" a explosé ces dernières années, tout particulièrement dans et autour d'une capitale engorgée, avec des sociétés comme Motojet, MotoCab ou Skoot. Mais parallèlement, les rapports avec les taxis à quatre roues ont eu tendance à se tendre.

Une moto, un téléphone portable, et le tour est joué

Le principe d'un encadrement des motos-taxis ayant été posé dès le rapport Chassigneux, restait à combler effectivement ce vide juridique. Ce qui devrait être fait, s'il faut en croire Le Parisien, dès la rentrée par le ministère de l'Intérieur. Selon le quotidien, deux points seraient qualifiés de prioritaires : vérifier que chaque conducteur est bien couvert par une assurance, et s'assurer que les sociétés du secteur offrent des garanties de solidité et de sécurité pour leurs clients. Ce qui impliquerait la mise en place d'une autorisation préfectorale de l'activité.

Rien de plus simple aujourd'hui que de s'installer à son compte : une moto, un téléphone portable, et le tour est joué. Il suffit d'enregistrer la nouvelle société auprès du tribunal de commerce de son lieu de domicile. La législation sur le transport de personnes à titre onéreux ne prévoit rien aujourd'hui concernant les véhicules à deux roues. Ce qui implique aussi qu'elle ne les exclut pas explicitement de cette activité.

Concurrence déloyale ?

Pas de licence, donc. Ce qui fait bondir les taxis "à quatre roues", notamment parisiens, qui y sont aujourd'hui assujettis. Car ces licences, délivrées en nombre limité, étant rares (leur nombre, 15.000, n'a pas varié en quinze ans à Paris), elles sont aussi chères : elles peuvent se revendre à 180.000 euros entre chauffeurs de taxis. Ces derniers y voient en contrepartie une sorte de "cagnotte" permettant d'assurer leurs vieux jours, faute d'une retraite suffisante. Mais la présence des motos fausse tout et les taxis "officiels" les accusent de concurrence déloyale. Ce que les "motos-taxis" réfutent.

Autre motif de tensions : les "motos-taxis" n'ayant pas d'existence officielle, il ne leur est pas permis de solliciter les clients ou de répondre à leurs sollicitations sur la voie publique. Tout doit se faire par rendez-vous. Ce qui suppose une logistique lourde (notamment un standard de réservation téléphonique) et coûteuse dont beaucoup se dispensent. Résultat, un nombre croissant de ces "motos-taxis" va disputer aux taxis "traditionnels" leurs clients aux entrées des gares et aéroports. En toute illégalité. Ce que nul ne conteste - les verbalisations sont d'ailleurs quotidiennes - et qui pousse les sociétés installées dans ce créneau à militer, elles aussi, pour une clarification législative.

Par F.L.-B. le 04 août 2008 à 15:37
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3 Commentaires

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  • Corsi, le 23/10/2009 à 15h05

    Vive les taxi motos. avec le chomage actuel les nouveau metier sont bienvenue

  • Taxi for ladies, le 08/08/2009 à 14h47

    Oui a une législation qui ne pénalise personne ,et qui nous permettent d'exercer notre métier le plus agréablement possible a souhaiter qu'on ne confonde pas la profession de taxi voiture a celle de moto taxi Bonne route a tout mes confrères de la profession et aussi ceux de taxi voiture ,a qui nous comprenons leurs inquiétudes mais la bonne l'intelligence réciproque aura gain de cause bye (Eddy)

  • Gigi 1968, le 25/07/2009 à 23h05

    Il faut que cette profession soit reconnue de façon à ce que ces gens là soient respectés,car aujourd'hui les taxi voiture les voient d'un mauvais oeil mais ils ne font pas le meme metier.Ils n'ont pas la meme clientele une grand mere et ses deux petites filles ne prendront pas un taxi moto tout comme un couple revenant de vacances avec un grand nombre de bagages et meme certaines personnes seules ne concentiront jamais à poser les fesses sur une moto aussi confortable soit elle.De plus a ce jour les taxi moto ne peuvent pas prendre de clients à la volée,C'est une obligation déguisée qui oblige le client à effectuer une reservation pour se mettre dans la légalité.C'est stupide cela n'empèchera pas la personne de prendre une moto si tel est son choix.Enfin j'espere que la legislation n'obligera pas les taxi moto à faire des frais démesurés pour se mettre en conformité avec la loi,comme c'est souvent le cas.Frais qui se repectuteraient sur le client bien evidement

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