Les députés socialistes s'opposent à Christine Lagarde à l'Assemblée sur le bilan des heures sup' le 9 avril 2008 © LCIC'est une nouvelle et énième passe d'arme sur une mesure phare de la politique économique du gouvernement. Parce qu'elles symbolisent plus que toute autre mesure le "Travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy, les heures supplémentaires cristallisent, avec le paquet fiscal, les désaccords entre la majorité et l'opposition sur la politique économique.
Les secrétaires nationaux du PS Michel Sapin et Alain Vidalies ont une nouvelle fois critiqué vendredi "l'autosatisfaction totalement déplacée" de la ministre de l'Economie sur la hausse du nombre d'heures supplémentaires qui, relèvent-ils "ne correspond pas à une hausse de l'activité et du pouvoir d'achat" et "ne résiste pas à l'analyse". Christine Lagarde s'était félicitée de la progression des heures supplémentaires, estimant qu'elle constituait "l'un des facteurs d'optimisme quant au dynamisme de nos entreprises dans les mois à venir".
"Trop tôt pour interpréter"
Ce nombre est passé de 172,6 millions au premier trimestre à 182,4 millions au deuxième trimestre, selon l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), pour qui "il est toutefois trop tôt pour interpréter ces évolutions". Les deux socialistes soulignent que le "PIB a reculé de 0,3% au deuxième trimestre, que 12.200 emplois ont été détruits dans le secteur marchand sur la même période, dont 11.600 dans l'industrie, et que le chômage est même reparti à la hausse cet été". Ces responsables en déduisent que "l'augmentation des heures supplémentaires ne correspond pas à une hausse de l'activité et du pouvoir d'achat".
Cette hausse tient selon eux à : "un recul de la sous-déclaration des heures supplémentaires effectuées, les entreprises ayant désormais intérêt à les déclarer" et à "un effet d'aubaine pour les entreprises, qui sont incitées à sous-déclarer le temps de travail de leurs salariés et à payer le complément en heures supplémentaires. Ils déplorent aussi "une incitation des entreprises à recourir aux heures supplémentaires plutôt qu'à des embauches, ce que confirme la remontée du chômage ces derniers mois".
"Inepties", "stupide"...
L'UMP a réagi dare-dare. Frédéric Lefebvre, son bouillonnant porte-parole, a comme souvent mené la charge, dans un communiqué. "Christine Lagarde a raison de dire que le paquet fiscal a porté ses fruits", y déclare-t-il, "contrairement aux inepties de Messieurs Sapin et Vidalies, c'est un surcroît de pouvoir d'achat pour plusieurs millions de Français. De même, il est faux et archi-faux de prétendre comme ils le font que ces heures se seraient développées au détriment des emplois, alors que notre pays a battu tous les records de créations d'emplois (près de 400.000) et de créations d'entreprises (près de 350.000)".
Le porte-parole de la majorité enfonce le clou : "Prétendre que le chômage augmente alors qu'il baisse dans des proportions historiquement inégalées dans notre pays est stupide de leur part". Selon lui, "à l'UMP, contrairement au PS qui a choisi l'invective stérile, nous avons clairement choisi l'action".
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