© Photothèque de La PosteLe président de La Poste, Jean-Paul Bailly, a annoncé jeudi que l'établissement public français pourrait devenir une société anonyme dès janvier 2010 et que l'ouverture de son capital interviendrait en janvier 2011. Une condition cependant : que le projet soit bien inscrit dans la loi de finance de 2009.
L'"Etat conservera la majorité du capital" du groupe et les missions de service public restent inchangées, a insisté Jean-Paul Bailly, ajoutant que le projet serait présenté au gouvernement dans les jours qui viennent. Concernant le montant de l'augmentation de capital, "La Poste a besoin de lever 2,5 à 3,5 milliards d'euros pour son développement et cela sans compter d'éventuelles grosses acquisitions", a-t-il précisé. "Les grandes manoeuvres (de consolidation en Europe) ont déjà commencé et il est invraisemblable que La Poste ne fasse pas partie du mouvement", a estimé son président. "Nous ne pouvons pas prendre le risque de sortir du club des grands européens."
L'ouverture du capital à un fonds de pension exclue
Le groupe, qui a enregistré des résultats en baisse au premier semestre "dans une conjoncture économique plus difficile", a des objectifs ambitieux : il vise en 2012 un chiffre d'affaires supérieur à 23,5 milliards d'euros et une rentabilité de 8,5%, pour se maintenir dans le peloton de tête des opérateurs postaux européens. Deux pistes sont à l'étude pour l'ouverture du capital : la piste institutionnelle avec la Caisse des dépôts et la piste de l'épargne populaire. Jean-Paul Bailly a toutefois mis en avant les difficultés inhérentes à la première hypothèse, semblant privilégier la deuxième solution. Quoi qu'il en soit, il a exclu d'ouvrir le capital à un fonds de pension.
Début juillet, la direction de La Poste avait déjà annoncé son intention de changer le statut de l'établissement public, alors que se profile la libéralisation totale du marché du courrier en 2011. L'annonce avait alors suscité un tollé auprès des syndicats. Cinq syndicats de La Poste (CGT, Sud, CFDT, FO et la CFTC) ont déjà convenu d'organiser une "journée d'action nationale" à la rentrée contre le changement de statut dans lequel ils voient une "privatisation". Ils se réuniront le 2 septembre pour en définir les modalités. Leur première crainte concerne les menaces qui pèsent selon eux sur l'emploi des 280.000 postiers, dont 60% de fonctionnaires, les autres relevant du droit privé. Selon Jean-Paul Bailly, cette transformation ne change rien au cahier des charges de La Poste, qui "demeure inchangé", et ne modifie pas la situation des postiers. Jeudi, le Premier ministre François Fillon a de son côté insisté sur la nécessité de respecter le "caractère public de l'entreprise".
(D'après agence)
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