Course contre la montre pour sauver Alitalia

le 14 septembre 2008 à 22h11 , mis à jour le 14 septembre 2008 à 23h55

Alors que la compagnie pourrait cesser les vols dès lundi, faute de pouvoir payer le kérosène, des discussions de la dernière chance ont commencé dimanche soir.

Air France - Alitalia : le feuilletonAir France - Alitalia : le feuilleton © DR

Des tractations présentées de tous côtés comme celles de la dernière chance ont eu lieu toute la journée de dimanche entre les repreneurs d'Alitalia, les syndicats et le gouvernement italien pour éviter que la compagnie ne se retrouve dès lundi en état de cessation de paiement. Une "réunion finale" a été convoquée pour engager, dans la nuit de dimanche à lundi, des négociations marathon "jusqu'à un accord", ont fait savoir les organisations syndicales. Une première nuit de négociations tripartites dans la nuit de samedi à dimanche, avait permis d'enregistrer de légères avancées. Selon le journal Repubblica, les repreneurs auraient amélioré de 100 millions d'euros l'enveloppe proposée pour que les salariés acceptent les nouveaux contrats de travail prévus par le plan de reprise.

Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi s'est engagé personnellement samedi dans les négociations et entend coûte que coûte obtenir des partenaires sociaux un accord qui permettrait à l'Italie de conserver une compagnie aérienne nationale. Une faillite d'Alitalia serait un revers personnel pour Berlusconi, qui avait promis durant la dernière campagne électorale qu'il trouverait des repreneurs italiens, après l'échec de la tentative d'Air France-KLM qui s'était heurtée à l'hostilité des syndicats en avril.

Une compagnie sous perfusion

La compagnie italienne, qui vit sous perfusion grâce à un prêt de l'Etat italien, est au bord du gouffre depuis que les entrepreneurs disposés à la relancer se sont retirés des négociations vendredi, sans avoir trouvé d'accord avec les syndicats. Ces derniers refusent les diminutions de rémunérations et de jours de congés, ainsi que le contrat unique, prévus par le plan de sauvetage. Détenue à 49,9% par l'Etat, Alitalia, qui perd 3 millions d'euros par jour, s'est déclarée insolvable et a été placée le 29 août sous administration extraordinaire.

Samedi, les menaces de faillite se sont brutalement concrétisées avec l'annonce par l'administrateur de la compagnie italienne qu'elle ne pouvait plus garantir tous ses vols. "Jusqu'à demain, nous avons des vols garantis, mais lundi non, car ils ne nous fourniront plus de kérosène", aurait déclaré le commissaire extraordinaire nommé par le gouvernement pour gérer Alitalia, Augusto Fantozzi, selon des sources syndicales, citées par les agences italiennes. Dans un communiqué, il a cependant démenti avoir tenu ces propos alarmistes, reconnaissant seulement avoir expliqué qu'il "existait des difficultés d'approvisionnement qui pourraient représenter un risque pour certains vols".

Le commissaire a également annoncé qu'il allait être contraint de mettre au chômage technique dès lundi les équipages des 34 avions non utilisés par la compagnie. Mais, il n'arrivera à l'extrémité du licenciement de tous les salariés que quand "il n'y aura plus rien d'autre à faire", a-t-il assuré.

D'après agence

le 14 septembre 2008 à 22:11
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