L'A400M © EADSRetard après retard, le projet A400M accumule les tensions. Au point qu'EADS menace de suspendre purement et simplement le programme du nouvel avion militaire de sa filiale Airbus. La semaine dernière, Louis Gallois avait dit tabler sur un premier vol de l'A400M "avant la fin de l'année". Mais peu après, la presse française faisait état d'une envolée des coûts du projet et d'un report du premier vol à 2009. Les clients tapent du poing sur la table, le patron d'EADS, Louis Gallois, réclame de la patience... et le projet entier tourne au dialogue de sourds.
Atterrissage forcé pour l'A400M ?
Selon le quotidien allemand Financial Times Deutschland, le patron d'Airbus, Thomas Enders, prépare l'abandon de l'avion de transport militaire.
Publié le 05/01/2010
L'A400M d'Airbus décolle enfin
Le futur avion de transport des armées européennes a pris pour la première fois son envol vendredi matin en Espagne.
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Pas moins de sept pays se sont portés acquéreurs pour des A400M. Parmi eux, l'Allemagne est le premier client de cet avion encore à naître, dont il a commandé 60 exemplaires. Un retard important de livraison contraindrait l'armée allemande à utiliser plus longtemps sa flotte de Transall vétustes. Ce n'est donc pas un hasard si c'est un média allemand, en l'occurrence l'hebdomadaire Der Spiegel, qui a annoncé le dernier rebondissement de l'affaire : dans un courrier adressé aux pays qui ont commandé des A400M, et révélé par le magazine, Louis Gallois explique que le programme est une "affaire fortement négative" qui crée des "difficultés considérables" à EADS et pèse sur la "performance" économique de tout le groupe. D'où la tentation d'abandonner.
Querelle autour des contreparties financières
Cette semaine, le quotidien allemand Financial Times Deutschland avait déjà évoqué un courrier de Louis Gallois implorant la "compréhension" des clients de l'A400M. EADS n'avait pas souhaité commenter cet article. Cette fois, s'il faut en croire le courrier dévoilé par le Spiegel, et reçu par le ministère de la Défense à Berlin, Louis Gallois a donc franchi un pas supplémentaire : il assure que les "profits escomptés" de la vente prévue de 180 appareils ont déjà été "investis" et que "la situation peut devenir intenable dans les prochains mois si nous ne parvenons pas à trouver ensemble un accord qui contente tout le monde".
EADS exige que les clients renoncent aux pénalités prévues dans les contrats entre les deux parties en cas de retards de livraison, mais à Berlin, "malgré cette lettre de Gallois (...) le ministère compte rester ferme", écrit le Spiegel. Berlin considère en effet toujours qu'on ne pourra discuter de "concessions financières" qu'à partir du moment où une date de livraison aura été fixée.
D'après agence
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