Menacé de licenciement car trop souvent malade ?

le 05 septembre 2008 à 20h06 , mis à jour le 05 septembre 2008 à 20h10

Un ouvrier de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois risque de perdre son emploi pour cause d'absences trop fréquentes.

Usine PSA Peugeot CitroënUsine PSA Peugeot Citroën © TF1/LCI

Y a-t-il une "chasse aux malades" à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois ? La CGT l'affirme. Et à l'appui de cette accusation, elle met en avant le cas d'un ouvrier menacé de licenciement en raison d'arrêts maladie jugés trop fréquents. Du côté de l'entreprise, on confirme que le salarié a bien été convoqué vendredi à un entretien préalable en vue de son licenciement et entendu "en raison d'absences fréquentes et répétées", mais on se refuse à préciser si ces absences étaient liées à des arrêts maladies "tant que la procédure est en cours".

"On me reproche d'avoir été absent 120 jours en 2007 et 21 jours en 2008", raconte l'intéressé, Khalid El Haouari. Embauché en 2001, cet homme de 31 ans affirme avoir été arrêté à de nombreuses reprises depuis fin 2006 pour des pathologies contractées sur le lieu de travail (tendinites, claquage au dos) ou en dehors (fracture du pied, opération au nez). Pour Philippe Julien, délégué syndical CGT, il "fait partie de ces ouvriers abîmés par le travail et les cadences, dont PSA voudrait se débarrasser ensuite".

Si la procédure se poursuit, "nous irons aux Prud'hommes"

Dans un courrier daté du 8 avril, le service des relations sociales prévenait l'ouvrier que s'il devait présenter un nouvel arrêt, son contrat de travail serait rompu. Et dans une lettre précédente, la direction expliquait que ses absences "génèrent des dysfonctionnements d'organisation" de son atelier de montage. Les mots sont loin d'être neutres. Le Code du travail interdit en effet le licenciement d'un salarié malade ou handicapé à moins qu'il ne soit déclaré physiquement inapte par le médecin du travail. Mais selon la jurisprudence de la Cour de cassation, il est possible pour une entreprise de le licencier si elle prouve que ses absences répétées perturbent l'entreprise et entraînent son "nécessaire remplacement définitif".

D'après la CGT, un système de "pools de remplaçants" permet déjà de pallier les absences des salariés (arrêts, congés, formation) sur le site d'Aulnay, qui compte 4000 salariés et 400 intérimaires. Notant la concomitance avec un entretien préalable à sanction d'un autre salarié, et l'envoi de "dizaines de lettres aux salariés qui ont des arrêts maladie", le syndicat estime que PSA veut "montrer aux salariés de quoi il s'agit : faire la chasse aux malades" pour "leur faire accepter des cadences de travail encore plus dures et les dissuader de se soigner par la crainte du licenciement". Et aujourd'hui, Philippe Julien prévient : si la procédure de licenciement se poursuit, "nous irons aux Prud'hommes".

D'après agence

le 05 septembre 2008 à 20:06
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