Un TGV duplex en gare (image d'archives). © TF1-LCIAprès trois ruptures de caténaires qui avaient provoqué des pagailles monstrueuses en août et septembre, la SNCF avait annoncé une vaste inspection de tout son réseau au début du mois dernier. Les premiers résultats ont été dévoilés lors d'un rapport d'étape, présenté lors du séminaire annuel de presse de la compagnie ferroviaire à Megève. Ils sont sans surprise : la "limite d'usure du fil de contact est poussée plus loin que sur les réseaux voisins" et il faut 400 millions sur quatre ans au moins pour les rénover et rendre le système entier plus robuste, constate la SNCF. Selon elle, si le "niveau d'entretien permet de contenir le nombre d'incidents annuel", il "ne peut empêcher (...) le vieillissement du réseau". Résultat, la SNCF doit effectuer "de multiples interventions ponctuelles" d'entretien moins efficaces que du "renouvellement complet d'équipements".
La compagnie ferroviaire estime donc qu'il faudrait consacrer une enveloppe de 150 millions d'euros sur quatre à cinq ans pour renforcer l'ensemble du système (les transformateurs en particulier) pour lui permettre de résister à la hausse du trafic. La SNCF propose aussi de faire passer de 190 à 240 millions d'euros par an - pendant au moins quatre ans - le budget consacré à l'entretien et au renouvellement des caténaires, ces câbles électriques qui alimentent les trains. Ces propositions sont désormais "entre les mains de RFF", Réseau Ferré de France, propriétaire du réseau et à ce titre chargé de le financer, a déclaré Pierre Izard, directeur de la branche Infrastructure de la SNCF, à Megève.
Le gouvernement entre en jeu
Chez RFF, qui ploie sous une dette de 28 milliards d'euros héritée de la SNCF, on indique "vouloir entreprendre un travail plus approfondi avec la SNCF" pour affiner diagnostic et solutions possibles. Les ressources de RFF, qui proviennent des péages ferroviaires payés par les entreprises (essentiellement la SNCF) et de subventions de l'Etat, ne suffisent déjà pas à subvenir aux investissements nécessaires. Du coup, RFF "souhaite solliciter des expertises complémentaires et indépendantes pour améliorer son diagnostic et mieux évaluer l'opportunité des investissements proposés". Et met en cause plutôt des "comportements professionnels" et des "modes opérationnels" de la SNCF, arguant que "le tiers seulement des incidents sont dus à l'infrastructure".
Le gouvernement affiche sa volonté de ne pas laisser pourrir la situation. Au secrétariat d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau indique avoir "d'ores et déjà demandé à RFF et à la SNCF d'élaborer un plan d'action commun" pour résoudre le problème des caténaires. Mais au-delà de ce souci d'infrastructures, c'est la question globale du manque de moyens alloués au rail qui se pose une nouvelle fois. "Le système ferroviaire est en surtension" car il est "victime de la saturation et du vieillissement", a résumé le président de la SNCF Guillaume Pepy, un constat déjà établi par un audit suisse réalisé en 2005, qui pointait l'état calamiteux du réseau pour cause de sous-investissement chronique depuis 30 ans.
D'après agence
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