Alitalia sauvée au bord du gouffre

le 31 octobre 2008 à 22h30 , mis à jour le 31 octobre 2008 à 22h33

Au terme d'une nouvelle journée de psychodrame, le groupe d'investisseurs italiens réunis par Berlusconi a choisi d'aller jusqu'au bout de son plan de reprise.

Air France - Alitalia : le feuilletonAir France - Alitalia : le feuilleton © DR

La saga du sauvetage d'Alitalia a connu un nouveau coup de théâtre vendredi soir avec l'engagement définitif de rachat d'un groupe d'investisseurs italiens, qui doit lui éviter la faillite et sauve la face du gouvernement de Silvio Berlusconi. A l'issue d'une journée où tout semblait perdu et Alitalia toujours plus près du gouffre, la Compagnie aérienne italienne (Cai), alliance de grands patrons italiens, a finalement annoncé qu'elle avait décidé de présenter son offre définitive de reprise. Elle a confirmé qu'elle était prête à investir un milliard d'euros pour relancer la compagnie en grande difficulté, tout en répétant que son offre reste "conditionnée à une décision" de la Commission européenne qui doit encore décider si le prêt relais de 300 millions d'euros accordé par le gouvernement à Alitalia est ou non une aide d'Etat illégale.

Tous les médias italiens, citant des sources proches de la Cai, avaient annoncé dans la journée le retrait de l'offre. Mais en début de soirée, les deux principaux responsables de la Cai se rendaient une nouvelle fois au siège du gouvernement et Silvio Berlusconi se déclarait "optimiste". "Finalement, le sens des responsabilités a prévalu, comme nous l'avions toujours espéré. La nouvelle Alitalia peut décoller", s'est réjoui le ministre des Transports Altero Matteoli.

Un plan de sauvetage aux multiples rebondissements

Ce nouveau rebondissement était intervenu alors que les syndicats de pilotes et de personnel navigant avaient refusé de signer vendredi le document préliminaire réglant les questions des contrats de travail et des critères d'embauche. Ce document leur avait été proposé par le bras droit de Silvio Berlusconi, Gianni Letta, qui se portait garant en cas de réclamation des syndicats dans une négociation future avec la Cai. Les quatre confédérations syndicales, CGIL, UIL, CISL et UGL, l'avaient en revanche paraphé. Elles sont majoritaires, mais la Cai avait toujours dit qu'elle irait de l'avant avec l'accord des neuf syndicats d'Alitalia.

Les tractations autour de la reprise d'Alitalia par la Cai ont connu de nombreux rebondissements depuis que Silvio Berlusconi s'est engagé il y a plusieurs mois à trouver une solution italienne après avoir contribué à torpiller l'offre de rachat d'Air France-KLM. Le feuilleton Alitalia a notamment été marqué par un premier retrait en septembre de l'offre préliminaire de la Cai face à l'opposition de certains syndicats à son plan de reprise qui prévoit 3250 suppressions de postes et une fusion avec Air One, la deuxième compagnie italienne. Avant que tous les représentants du personnel ne finissent par l'approuver, à la suite d'une médiation du gouvernement.

Cette fois, le gouvernement semble avoir mis une pression maximum sur la Cai, dont les investisseurs ont d'ailleurs été réunis par le Cavaliere. La Cai doit encore décider d'une alliance avec une compagnie étrangère, indispensable à la relance d'Alitalia, Air France et Lufthansa étant favorites. La nouvelle Alitalia devrait décoller en novembre.

D'après agence

le 31 octobre 2008 à 22:30
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