Du mariage dans l'air pour l'Ecureuil

le 08 octobre 2008 à 07h31 , mis à jour le 08 octobre 2008 à 12h53

La Caisse d'Epargne et la Banque populaire réunissent aujourd'hui leurs organes dirigeants en vue d'annoncer officiellement leur projet de rapprochement.

Enseigne de la Caisse d'EpargneEnseigne de la Caisse d'Epargne © TF1/LCI

 

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Depuis longtemps dans les cartons mais jamais concrétisé, le projet de mariage de la Caisse d'Epargne et de la Banque Populaire, soudainement hâté par la crise financière, devrait être officialisé ce mercredi. La Caisse nationale des Caisses d'Epargne, l'organe central de la banque mutualiste, doit réunir son conseil de surveillance dans la matinée et la Banque fédérale des Banques populaires doit en faire de même. L'annonce des fiançailles devrait intervenir dans la foulée.

Un tel mariage, envisagé depuis deux ans, et envisagé désormais comme "une bonne chose" par Christine Lagarde, se heurtait jusqu'alors tant à des problèmes de personnes qu'à des questions d'équilibre financier des réseaux. Mais la recomposition accélérée du secteur bancaire en Europe, dans la foulée du séisme bancaire venu des Etats-Unis, a complètement changé la donné. Dernier exemple en date : le rachat de Fortis Belgique et Luxembourg par BNP Paribas.

Le cas épineux de la filiale commune Natixis

Les dirigeants des deux banques mutualistes, qui veulent fusionner les organes centraux tout en gardant les réseaux d'agences séparés, à l'image de Crédit Agricole/LCL ou de PSA Peugeot Citroën, ont approuvé lundi le "principe" de ce rapprochement des deux établissements. Les deux groupes mutualistes ont déjà regroupé en 2006 l'essentiel de leurs activités hors banques de détail et immobilier dans une filiale commune, Natixis. Ils en détiennent de concert 69,8%. Or, depuis le début de la crise des subprimes, Natixis apparaît comme particulièrement exposée. Et son titre a dégringolé en Bourse. Un élément susceptible d'avoir encore précipité les noces des deux groupes. La banque est parvenue à lever ce mois-ci, non sans difficulté, 3,7 milliards d'euros sur le marché. Depuis le début de l'année, l'action Natixis a chuté de plus de 70%, et la banque se retrouve en outre dans le viseur de l'Autorité des marchés financiers, qui a ouvert récemment une enquête sur la chute du titre de son titre lors de sa récente augmentation de capital : il avait perdu un quart de sa valeur au cours de cette seule période.

Une fois le projet de mariage officialisé, les deux groupes devraient le présenter à Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France qui est aussi président de la Commission bancaire, l'organe de contrôle des banques, d'ici son départ pour Washington jeudi.

Avec agences

le 08 octobre 2008 à 07:31
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