© sxc.huEn France, le débat sur les "parachutes dorés", ces indemnités payées lors du départ des dirigeants d'entreprise, s'inscrit dans celui, plus global, sur les rémunérations des grands patrons. Régulièrement dénoncés, ils sont pourtant toujours en place et la pratique est toujours aussi courante parmi les grands patrons d'entreprise. La loi TEPA (loi travail, emploi et pouvoir d'achat) d'août 2007 avait pourtant été votée précisément pour limiter les abus les plus criants. Elle a introduit plus de transparence sur les montants versés et subordonné ces indemnités de départ au respect de critères de performance au sein de l'entreprise. Sans vraiment changer les comportements.
Mais le gouvernement compte désormais présenter un texte spécifique sur ces rémunérations. Ce projet, volonté de Nicolas Sarkozy, a été dévoilé mercredi à la mi-journée par Luc Chatel. "Le président de la République a tenu à indiquer au Conseil des ministres - il avait déjà eu l'occasion de le faire ce matin devant les dirigeants de la majorité - qu'il souhaitait très rapidement l'adoption d'un texte encadrant le système des parachutes dorés", a déclaré le porte-parole du gouvernement. "Il souhaite que cela se traduise très concrètement par un projet de loi, dans les prochaines semaines (...) Le gouvernement va prendre ses responsabilités et a prévu de légiférer en la matière".
"Il y a trop d'abus, trop de scandales"
Lors de son discours de politique économique le 25 septembre à Toulon, le chef de l'Etat avait estimé que "les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs" devaient être "encadrés". Les dirigeants "ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté (...) il y a trop d'abus, trop de scandales", avait-il déclaré. "Ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République règlera le problème par la loi avant la fin de l'année".
Ce débat sur les parachutes dorés a peut-être été remis au goût du jour par ceux attribués aux deux dirigeants démissionnaires de Dexia, sauvée mardi par une intervention des gouvernements français, belge et luxembourgeois, qui ont déboursé quelque 6,4 milliards d'euros. A lui seul, le président du directoire de la banque franco-belge, Axel Miller, pourrait prétendre à une indemnité de départ de 3,7 millions d'euros. "Je pense qu'au moment où le système financier connaît les difficultés que l'on sait, notamment où Dexia a rencontré des difficultés, ce type de pratique est particulièrement choquant aux yeux des français", a estimé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, ajoutant que le gouvernement avait demandé à la Caisse des dépôts et consignations, actionnaire de Dexia, de s'opposer au versement de ces indemnités de départ. Mercredi soir, cette dernière s'est dire opposée au versement d'un parachute doré à Axel Miller.
Le patron de Fortis pourrait toucher 5 millions d'euros |
Le directeur exécutif par intérim du bancassureur belgo-néerlandais Fortis, partiellement nationalisé par les Etats du Benelux, pourrait toucher plus de 5 millions d'euros d'indemnités de départ, selon la presse néerlandaise. Son contrat prévoit en effet qu'en cas de licenciement Herman Verwilst, dont le départ avait été annoncé vendredi alors que le groupe avait été particulièrement malmené en Bourse, percevra une prime de départ équivalente à trois fois ses revenus en numéraire cette année. Or il a touché en 2007 un salaire de 695.000 euros et une prime de un million d'euros, selon le journal du soir NRC Handelsblad. "Tout cela sera considéré en temps utile, pour le moment nous n'allons pas commenter des rumeurs et des calculs faits par des personnes extérieures", a indiqué une porte-parole de Fortis. |
D'après agence
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