Kerviel le 13 octobre 2008 © TF1"Les commissaires aux comptes de la Société Générale doivent avoir une devise: ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre." "La meilleure défense est l'attaque" est certainement la devise du conseil de Jérôme Kerviel, l'ex trader de la Société Générale qui a fait perdre 4,9 milliards d'euros à la banque.
Dans la peau de Jérôme Kerviel
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le trader, de ses pensées les plus intimes au contenu de son réfrigérateur.
Publié le 08/09/2008
Me Bernard Benaïem s'est exprimé mardi en fin de matinée à l'issue d'une nouvelle audition des deux experts des cabinets d'audit Deloitte et Ernst and Young, chargés par la banque de certifier ses comptes. Selon lui, les deux commissaires ont assuré aux juges Françoise Desset et Renaud van Ruymbeke n'avoir rien vu des falsifications du trader. Me Bernard Benaïem à sa sortie du pôle financier s'est interrogé sur l'utilité des 300 personnes qui travaillent pour le cabinet d'audit à la banque.
"La Société Générale était leur client"
"L'audition des commissaires aux comptes avait une seule finalité pour nous, c'était de permettre, ou d'espérer avoir un acteur extérieur à la banque qui vienne nous apporter une vision des choses", a rappelé l'avocat. "Mais nous avions oublié que la Société Générale était leur client et que 14 millions d'euros (honoraires du cabinet, ndlr), cela ne se perd pas. Le silence a un prix. C'est ce qui a été appliqué dans ce dossier", a-t-il ajouté, très virulent.
Cependant, pour les avocats de la Société Générale, les auditions des commissaires aux comptes ont eu un effet. "Après une journée et demie de questions, d'interrogations, M. Kerviel a renoncé à mettre en cause la responsabilité des commissaires aux comptes et par conséquent, toute sa théorie s'est totalement effondrée", a affirmé pour sa part Me Jean Veil, avocat de la banque.
"C'est tout un système qui est malade"
Une version que dément l'avocat de l'ex-trader. "Le problème de Kerviel n'a jamais été d'imputer la responsabilité des commissaires aux comptes, donc il ne renonce à rien", a expliqué Me Benaïem qui a estimé par ailleurs que "la crise financière actuelle est l'expression de ce qui se passe au pôle financier avec Kerviel".
"On voit bien que c'est tout un système qui est malade. Le cas Kerviel n'est pas un cas isolé. Tous ces jeunes (traders, ndlr) sont formés de la même façon à gagner de l'argent. Et après que l'on ne vienne pas dire que ce sont les victimes expiatoires d'un système qui a trop vécu."
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