Enseigne de la Caisse d'Epargne © TF1/LCI
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Depuis longtemps dans les cartons mais jamais concrétisé, le projet de mariage de la Caisse d'Epargne et de la Banque Populaire, soudainement hâté par la crise financière, a franchi une nouvelle étape mercredi, avec le feu vert que viennent de donner les conseils de surveillance de la Caisse d'Epargne et du groupe Banque Populaire à l'ouverture de discussions, "en vue du rapprochement de leurs organes centraux". Ce rapprochement permettrait de créer le deuxième groupe bancaire français derrière le Crédit agricole, avec plus de 40 milliards d'euros de fonds propres, 480 milliards d'euros d'épargne et de dépôts et un réseau de 8200 agences.
Selon un communiqué de la Caisse d'Epargne, ce rapprochement sera réalisé "par voie de fusion" entre la Banque fédérale des Banques Populaires et la Caisse nationale des Caisses d'Epargne "pour former un organe central unique aux deux réseaux autonomes", sur le modèle de Crédit Agricole/LCL ou de Peugeot Citroën. "Les deux groupes vont poursuivre leurs discussions et travaux et engager un processus d'information-consultation des instances représentatives des personnels en vue d'une signature des accords définitifs et d'une mise en oeuvre du rapprochement dans les meilleurs délais", a indiqué de son côté le groupe Banque Populaire dans un communiqué.
Lagarde y voit "une bonne chose"
Un tel mariage, envisagé depuis deux ans, et considéré comme "une bonne chose" par Christine Lagarde, se heurtait jusqu'alors tant à des problèmes de personnes qu'à des questions d'équilibre financier des réseaux. Mais la recomposition accélérée du secteur bancaire en Europe, dans la foulée du séisme bancaire venu des Etats-Unis, a complètement changé la donné. Dernier exemple en date : le rachat de Fortis Belgique et Luxembourg par BNP Paribas.
En 2006, les deux groupes mutualistes avaient déjà regroupé l'essentiel de leurs activités hors banques de détail et immobilier dans une filiale commune, Natixis. Ils en détiennent de concert 69,8%. Or, depuis le début de la crise des subprimes, Natixis apparaît comme particulièrement exposée. Et son titre a dégringolé en Bourse. Un élément susceptible d'avoir encore précipité les noces des deux groupes. La banque est parvenue à lever ce mois-ci, non sans difficulté, 3,7 milliards d'euros sur le marché. Depuis le début de l'année, l'action Natixis a chuté de plus de 70%, et la banque se retrouve en outre dans le viseur de l'Autorité des marchés financiers, qui a ouvert récemment une enquête sur la chute du titre de son titre lors de sa récente augmentation de capital : il avait perdu un quart de sa valeur au cours de cette seule période.
Avec agences
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