Catalogues de la Camif © TF1/LCILa Camif était déjà dans une situation difficile avant la crise financière et ses conséquences en matière d'accès au crédit pour les entreprises. Fragilisée, elle se présente de plus en plus comme une possible victime collatérale de ces remous nés des "subprimes" aux Etats-Unis. Principale cause de faiblesse, sa filiale Camif Particuliers, qui emploie 780 personnes, connaît des problèmes criants de liquidités et s'est placée jeudi en cessation de paiements. Dans la foulée, c'est tout le groupe Camif SA qui a pris la même décision : "Camif SA s'est déclarée en cessation de paiement avec demande d'une poursuite d'activité" parce que Camif Particuliers, qui vient de déposer son bilan, "ne paie plus" les sommes qu'il doit verser à Camif SA, a indiqué jeudi son président Louis Mallet dans une conférence de presse.
Camif Particuliers a évoqué tout à la fois, pour expliquer sa situation de crise, l'activité du mois de septembre, en deçà des prévisions, et les "tensions de trésorerie" qui en ont résulté. Lesquelles, conjuguées à la crise économique, ont motivé la décision de se déclarer en cessation de paiement. A fin d'inventaire, "les magasins, comme les autres canaux de vente, seront fermés pour quatre jours à compter d'aujourd'hui", a ajouté le groupe sans plus de précision.
Un plan de redressement lancé à l'automne
Il y a deux mois, la Camif, qui emploie 1370 salariés, avait déjà annoncé la suppression de 509 postes, plombée par sa filiale Camif Particuliers en difficulté financière, après avoir déjà réduit son effectif d'un quart lors de deux plans de redressement en 2005 et 2007. Visant un retour à l'équilibre en 2010, ses dirigeants avaient mis sur pied un sévère plan de redressement de cette filiale.
Pour ce poids lourd de la vente par correspondance, emblématique du secteur (il a été fondé en 1947 par le groupe d'assurance mutualiste Maif pour aider les enseignants à s'équiper après la guerre), l'origine des maux est clairement identifié : internet s'est peu à peu imposé comme le vecteur privilégié de la vente à distance et les structures traditionnelles des groupes ne sont plus adaptées, en dépit de leurs efforts dans la vente en ligne. Selon une étude publiée début octobre par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), le web est devenu le premier mode de vente à distance en France, utilisé par 55% de la population sur les douze derniers mois. La vente par courrier n'est plus utilisée que par 44% des Français tandis que celle par téléphone réalise 27% de parts de marché.
Aujourd'hui, Camif Particuliers est détenu à majorité par le fonds Osiris (66%), le reste du capital appartenant à Camif SA (34%) qui était auparavant sa maison-mère. Fin août, la direction du groupe avait annoncé avoir réuni les 6 millions d'euros souscrits dans le cadre de son augmentation de capital, lancée fin juillet afin de compléter le financement de son plan de redressement. Les principaux axes en étaient l'arrêt de la vente d'habillement et d'articles high-tech dès cet automne, le développement de la vente sur internet et une offre plus haut de gamme de produits d'ameublement. Un redressement à peine entamé et qui se heurte aujourd'hui à la crise financière.
D'après agences
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