Que savait la hiérarchie de la SoGé ?

le 12 octobre 2008 à 16h03 , mis à jour le 12 octobre 2008 à 16h15

Selon l'avocate du trader, certaines de ses opérations fictives ont été validées par la comptabilité de la banque malgré des alertes sur leur invraisemblance.

Jérôme Kerviel Société généraleJérôme Kerviel à son arrivée au pôle financier mercredi 3 septembre © TF1/LCI

En pleine bourrasque sur les marchés financiers, on aurait presque oublié Jérôme Kerviel. Mais l'enquête sur les activités du trader de la Société Générale se poursuit et avance, selon son avocate. Me Caroline Wassermann assure que des opérations fictives du trader, soupçonné de falsifications qui lui ont fait  perdre 4,9 milliards d'euros, ont été validées par la comptabilité de la banque  malgré des alertes sur leur invraisemblance. Le trader est accusé d'avoir pris des engagements financiers non-autorisés de près de 50 milliards d'euros sur les marchés en les camouflant par des opérations fictives. Pour l'avocate de Jérôme Kerviel, "certaines pièces du  dossier et notamment certains mails, démontrent que des personnes ont vu ce qui se passait et se sont interrogées sur ces opérations". 

  • Dans la peau de Jérôme Kerviel

    Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le trader, de ses pensées les plus intimes au contenu de son réfrigérateur.

    Publié le 08/09/2008 Dans la peau de Jérôme Kerviel
Plus d'infos

Une responsable du service "middle résultat" a notamment  adressé le 16 avril 2007 un mail à sa hiérarchie et à plusieurs contrôleurs  financiers après avoir découvert un montant de 94 millions d'euros non-justifié en comptabilité, rapporte l'avocate, confirmant une information du Journal du  dimanche. Après une réunion de service et un interrogatoire de Jérôme Kerviel, qui a évoqué un simple ajustement comptable, les transactions fictives ont finalement  été entrées en comptabilité.

"Certaines opérations fictives réalisées par Jérôme Kerviel étaient  tellement chimériques qu'elles ne redescendaient pas en comptabilité et  restaient bloquées dans la base tampon" du logiciel Eliot de la Société  Générale. Parmi celles-ci figurent les "futures pending" (transactions sur des  produits financiers qui sont échangés sur les marchés organisés) qui ne peuvent  être enregistrées qu'une fois l'opération finalisée, explique Caroline Wassermann. L'avocate cite également le cas des forwards contreparties face à "clickoption" utilisées par Jérôme Kerviel alors qu'il ne pouvait statutairement le faire en tant que professionnel. Clickoption est en effet une filiale de la  Société générale qui ne traite qu'avec les particuliers.  

La Société  générale "joue la transparence"

"Il y a dans cette affaire deux types d'opérations fictives, les unes sont licites les autres illicites", a expliqué un avocat de la Société  générale. "Les premières, utilisées par Kerviel, visaient à masquer ses pertes ou ses gains, les secondes, couramment utilisées à la Société générale, avaient pour objet d'ajuster certains résultats qui ne pouvaient alors être pris en compte  par le logiciel de comptabilité Eliot", a-t-il ajouté en précisant que l'astuce de Kerviel a été de jouer sur cette ambiguïté.

"Le thème de la qualité des opérations fictives a déjà été abordé de manière  complète dans le dossier d'instruction en mars 2008", explique la Société  générale en soulignant avoir dans ce dossier "jouer la transparence en  transmettant les mails concernés à la justice". La banque précise avoir depuis revu les performances de son logiciel comptable. En l'état de la procédure, la Société Générale est la seule partie civile de ce dossier, dans lequel Jérôme Kerviel et son assistant Thomas Mougard ont été  mis en examen. Cinq salariés de la banque ont été licenciés et deux autres ont  démissionné à la suite de l'affaire Kerviel.
 
D'après agence

le 12 octobre 2008 à 16:03
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience