Affaire Kerviel : ils perdent leur job et empochent des millions

le 19 novembre 2008 à 17h49 , mis à jour le 19 novembre 2008 à 18h28

Selon la défense de l'ex-trader, "des enveloppes de 2,5 millions d'euros ont été versées à quatre des cinq salariés licenciés par la banque" après les pertes de l'affaire. "Je tombe des nues que l'on puisse affirmer des choses pareilles", s'est insurgé l'avocat de la banque.

Jérôme Kerviel Société généraleKerviel le 13 octobre 2008 © TF1

Elle évoque "une façon d'acheter le silence". La défense de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications ayant fait perdre 4,9 milliards  d'euros à la banque, s'est étonnée mercredi des conditions de départ  avantageuses des salariés licenciés après l'affaire Kerviel. Le trader est de nouveau entendu mercredi après-midi et pour la dernière fois par les juges Renaud  Van Ruymbeke et Françoise Desset en charge de l'instruction sur les pertes records de la Société Générale.
 
"Des enveloppes de 2,5 millions d'euros ont été versées à quatre des cinq  salariés licenciés par la banque (après les pertes de l'affaire Kerviel, ndlr) dans le cadre de protocoles transactionnels", a expliqué Caroline Wassermann, l'un des avocats du trader. A la demande de la défense de Jérôme Kerviel, les contrats de départ et  protocoles transactionnels de certains de ses collègues, traders et supérieurs, licenciés par la SocGen, ont été versés au dossier d'instruction.
 
"Je tombe des nues que l'on puisse affirmer des choses pareilles", s'est  insurgé Jean Veil, avocat de la banque, en expliquant que les transactions visées étaient au final "inférieures aux six mois d'indemnités prévus par la loi pour des licenciements sans cause réelle ou sérieuse". "Les montants correspondent à une indemnité de licenciement, à cinq mois de salaire et, pour certains traders, à des versement de bonus différés", a précisé l'avocat, pour qui les protocoles ont été conclus en septembre et octobre après cinq mois de négociations difficiles, les salariés étant assistés par des syndicalistes. "De plus, tous les salariés concernés avaient déjà été entendus par les policiers de la brigade financière et certains, confrontés à Jérôme Kerviel, des mois avant la signature des protocoles", a ajouté une source proche de la banque.
 

(D'après agence)

le 19 novembre 2008 à 17:49
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