La bourse de Paris © TF1-LCI La bourse de ParisScandale déjà retentissant aux Etats-Unis, l'affaire Madoff fait tache d'huile au-delà des frontières américaines. L'affaire effraie par son ampleur : elle porterait sur 50 milliards de dollars. Elle ébranle la SEC, l'autorité boursière américaine, critiquée de toutes parts pour ne pas avoir décelé la fraude. L'escroquerie pyramidale dont est accusé Bernard Madoff consistait à payer les intérêts de ses clients existants grâce au capital apporté par de nouveaux ; la fraude a été découverte lorsque des clients ont voulu récupérer leur argent en raison de la crise financière. Après les aveux du principal intéressé la semaine dernière, qui se retrouve aujourd'hui assigné à résidence et porte un bracelet électronique (il avait été libéré après s'être engagé à verser une caution de 10 millions de dollars, garantie par quatre personnes, mais n'a trouvé que deux garants, son frère et son épouse), pas un jour ne se passe sans que de nouveaux établissements financiers ou organisations caritatives ne dévoilent leurs pertes potentielles.
Au Japon, la banque Aozora a fait état d'une possible perte de 101 millions d'euros. En Europe, la banque espagnole Santander, jusqu'à présent la plus affectée, a admis un risque potentiel de 2,33 milliards d'euros. La banque privée autrichienne Medici se dit exposée à hauteur de 2,1 milliards de dollars d'investissements dans deux fonds internationaux frappés par la fraude. Et en France, les épargnants qui ont investi dans des titres gérés collectivement par des institutions financières (OPCVM) pourraient perdre "plusieurs centaines de millions d'euros", a estimé mercredi l'Autorité des marchés financiers. "Un petit peu plus" de 500 millions d'euros, a estimé jeudi le secrétaire général de l'AMF, Gérard Rameix, sur France Info.
Les recommandations de l'AMF
L'Autorité des marchés financiers estime qu'un nombre "significatif" de fonds d'investissement de droit français peuvent être touchés par l'affaire Madoff, via leur exposition à des fonds de droit luxembourgeois et irlandais. Même si l'AMF assure ne pas avoir identifié, à ce jour, d'OPCVM de droit français ayant confié la conservation ou la délégation de gestion à des entités liées à Bernard Madoff, leur exposition pourrait passer par des "fonds de fonds", ayant investi dans des fonds sous-jacents eux mêmes exposés. "En particulier, deux fonds coordonnés de droit respectivement luxembourgeois et irlandais sont, d'après des sources concordantes, susceptibles d'être impactés", indique l'AMF, qui ajoute que "l'incertitude sur l'existence d'un impact et son ampleur sur ces deux fonds ou sur d'autres rend délicate l'appréciation de la situation des OPCVM de droits français eux mêmes".
Parmi les fonds directement exposés à Madoff, on trouve notamment le fonds Lux Alpha géré par UBS et le fonds Thema Fund International, de droits irlandais. Dans ces conditions, l'AMF recommande aux gérants, lorsque l'information disponible ne permet pas de valoriser de façon précise les participations détenues dans ces fonds d'évaluer les options suivantes : suspendre la souscription et les rachats dans l'attente de la clarification de la situation ; valoriser les titres touchés de façon prudente, si la société de gestion souhaite maintenir la liquidité de l'OPCVM, cette valorisation pouvant être nulle. Si l'existence d'un impact est confirmée et que cet impact est soit très important soit non quantifiable, l'AMF recommande de cantonner les titres touchés.
D'après agences
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