Deutsche Bahn/SNCF : la guerre du rail aura-t-elle lieu ?

Par Laurent DESCHAMPS (Avec agence), le 16 décembre 2008 à 15h55 , mis à jour le 16 décembre 2008 à 16h07

La Deutsche Bahn accuse, dans une lettre virulente, la SNCF de bloquer l'ouverture du marché du rail français à ses concurrents étrangers.

rail train aiguillage ferroviaire transport © Médiathèque de la Commission européenne

La guerre du rail va-t-elle reprendre ? Sur fond d'ouverture des marchés nationaux à la concurrence étrangère, le ton est monté mardi entre la compagnie allemande de chemins de fer Deutsche Bahn (DB) et sa rivale française SNCF, avec l'envoi d'un courrier virulent du patron allemand Hartmut Mehdorn à son homologue français Guillaume Pepy.
 
Nul doute que dans cette missive, il y ait comme une réponse cinglante aux accusations proférées la semaine dernière par ce dernier qui affirmait que la Deutsche Bahn se livrait à du débauchage de cheminots français en piratant le réseau internet de la SNCF. Et, pour se défendre, la Deutsche Bahn a décidé de passer à l'offensive : "L'ouverture du marché allemand est plus avancée qu'en France" et "la SNCF, comme d'autres entreprises françaises, en profite grandement tandis que nous mêmes et d'autres entreprises étrangères rencontrons toujours les mêmes problèmes en France : un marché fermé dans le transport de passagers des obstacles importants" dans le fret, juge le patron de la DB, avançant notamment l'exemple de Keolis, filiale de la SNCF, et du groupe français Veolia, tous deux actifs en Allemagne.

"Prétentieux et arrogant"
 
Pour Hartmut Mehdom, "l'ouverture du marché allemand a donné lieu à une activité très agressive des entreprises françaises", Et selon lui, "s'il y a une entreprise qui a lieu de se plaindre, c'est bien Deutsche Bahn au sujet de la SNCF, et cela depuis des années."   Le patron de la compagnie allemande se dit par ailleurs "très surpris et affecté" des attaques virulentes lancées la semaine dernière par M. Pepy contre sa grande rivale allemande. "Cette accusation "n'a aucun fondement", selon le patron de Deutsche Bahn.
 
La Deutsche Bahn n'en est pas à ses premières protestations quant au manque d'ouverture français. Le ton a d'ailleurs commencé à monter entre les deux entreprises après l'envoi par Deutsche Bahn et les chemins de fer italiens d'un courrier à la Commission européenne se plaignant du manque de concurrence en Europe. Pire, tout au moins du point de vue allemand, la SNCF a racheté 20% du capital de l'opérateur privé italien NTV spécialisé dans les trains à grande vitesse, que convoitait aussi sa rivale allemande.
 
Enfin, autre pomme de discorde, s'il en fallait une, qui risque de sérieusement refroidir l'ambiance entre SNCF et DB, le train à grande vitesse Eurostar. La presse britannique affirme que Deutsche Bahn aimerait racheter la participation britannique dans le train à grande vitesse. Et ça, ça ne plaît pas aux Français. Guillaume Pepy avait ainsi jugé que cela serait "prématuré, prétentieux et arrogant." Ce à quoi Hartmut Mehdorn rappelle que son entreprise "n'a encore entamé aucune démarche officielle."

Par Laurent DESCHAMPS (Avec agence) le 16 décembre 2008 à 15:55
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Florian, le 03/05/2009 à 15h07

    Moi je ne comprends pas: j'ai vu un train de nuit allemand (NachtZug) arriver à Chambéry un matin de février dernier ; j'ai moi-même par ailleurs pris un autre train de nuit Paris-Hambourg, de la DB également ; sans compter tous les ICE provenance Allemagne qui sont terminus gare de l'est... Comment peuvent-ils se plaindre de ne pas pouvoir accéder au réseau? J'ai effectivement du mal à comprendre.

  • Jean Bonnot, le 16/12/2008 à 17h05

    Les allemands n'ont pas forcément tort de se plaindre de la non réciprocité de l'ouverture des marchés. La correction exigerait qu'on équilibre en Europe les conditions de concurrence. On va finir par se faire taper sur les doigts par Bruxelles, pour les transports et pour le courrier. Mais aucun pays européen ne songera à se plaindre du naufrage de notre système éducatif. Lorsqu'on réalisera l'étendue du désastre, il sera bien trop tard.

  • Elsasser, le 16/12/2008 à 16h22

    Il n'on qu'a rester en allemagne.chacun pour soie.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience