L'iPhone chez Orange vu par LCI.fr © Apple/LCI.fr/DRLa direction d'Orange réagit pour LCI.fr sur la fin de son exclusivité sur l'iPhone. Alice Holzman, directrice de la communication d'Orange France et responsable du lancement de l'iPhone chez l'opérateur commente l'impact de la décision du Conseil de la concurrence pour son entreprise. Et ses concurrents...
LCI.fr : Comment prenez-vous la décision du Conseil de la concurrence de mettre un terme à votre exclusivité ? Selon un avocat que nous avons interviewé, vous pouviez vous y attendre...
Alice Holzman, directrice de la communication de Orange France : C'est une surprise dans le sens où ces contrats - même si l'on ne connaît pas dans le détail ceux qui ont été faits dans les autres pays - ont été pratiqués par Apple aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne. Dans tous ces pays-là, il y avait un opérateur exclusif avec un contrat qu'on pouvait imaginer pluriannuel. Et il n'y a qu'en France aujourd'hui que ce mode de contractualisation a été contesté.
LCI.fr : Vous avez baissé vos prix sur l'iPhone jeudi. Est-ce une réaction à cette perte d'exclusivité ?
A. H. : Non, en l'occurrence, nous baissons nos prix assez régulièrement sur l'iPhone pour accompagner simplement le cycle de vie du produit. C'est assez normal pour la semaine avant Noël qui est la dernière de grosses ventes pour Orange comme tous les commerçants. Orange va continuer à travailler des offres tarifaires sur l'iPhone. Aujourd'hui, nous avons une connaissance des usages des clients et des services sur l'iPhone qui nous permet de garder une longueur d'avance.
LCI.fr : Apple vous a fait une fleur jeudi en parlant d'Orange comme le "meilleur réseau" alors qu'il s'apprête à travailler avec vos concurrents...
A. H. : Cela témoigne des bonnes relations que nous avons construites dans la durée avec Apple qui travaille le plus souvent dans un logique de partenariat. Apple sous-entendait ainsi que nous avons le meilleur réseau technique en particulier sur la 3G sur laquelle notre réseau est le plus étendu avec 74% de la population couverte. Cela impliquait aussi notre réseau de vente dont les vendeurs ont été formés par les équipes d'Apple. Il y a eu un investissement conséquent des deux côtés qui fait que nous regrettons ensemble la décision du Conseil de la concurrence et que nous souhaitons continuer à travailler ensemble. Maintenant, Apple n'a pas le choix et devra travailler bien évidemment avec nos concurrents. C'est une certitude.
LCI.fr : Relation privilégiée ou non, Apple n'aura plus le droit de réserver un traitement de faveur tarifaire à Orange...
A. H. : Nous n'aurons plus d'avantage particulier mais nous sommes libres de subventionner l'iPhone et nos offres tarifaires respectent la concurrence. Après, les concurrents s'alignent ou pas selon leur volonté... Sur les services, vous pouvez par exemple télécharger sur l'Appstore d'Apple des logiciels développés par Orange comme la "Live radio", un service de radio numérique que nous sommes les seuls à proposer et qui est réservé à nos clients. Nous avons aussi travaillé pour offrir la messagerie vocale visuelle (NDLR : un type de répondeur propre à l'iPhone). SFR et Bouygues ne l'ont pas encore fait car ils n'ont pas encore pu travailler avec Apple sur ce service et l'on peut penser qu'ils mettront un peu de temps à le faire.
LCI.fr : Orange a fait appel. Vous garder l'espoir d'un revirement du Conseil ?
A. H. : Je ne peux pas faire de conjecture. Je constate simplement que d'autres exclusivités sont pratiquées sur le marché comme celle de SFR avec le Blackberry Storm. Je ne connais pas les termes de leur contrat qui est confidentiel même si l'on peut imaginer que sa durée est supérieure aux trois mois annoncés par le Conseil de la concurrence.
LCI.fr : SFR considère que ce produit est particulier car il a été développé en partenariat...
A. H. : Honnêtement, cela ne veut rien dire car les opérateurs ne personnalisent que la couche de services. Nous l'avons fait dans le passé avec HTC, ce qui n'a pas empêché ce groupe de commercialiser ses produits en parallèle. C'est ce que nous avons fait avec l'iPhone...
LCI.fr : Vous allez donc attaquer à votre tour ?
A. H. : Non. Car jusqu'ici Orange a plutôt l'habitude de se défendre commercialement par ses offres plutôt que des recours juridiques ce qui n'est pas le cas de tous et l'on peut constater que Bouygues a la fâcheuse tendance de considérer que la voie juridique est le meilleur recours.
LCI.fr : La "jurisprudence iPhone" va-t-elle changer la marché ?
A. H. : Je pense en tout cas que cette décision-là a des impacts sur la période durant laquelle les produits resteront en exclusivité mais je nais pas si cela se fera au bénéfice du consommateur car les services que nous proposons sur ces types de téléphones demandent des investissements qu'un partenariat dans la durée favorise.
LCI.fr : Malgré ce coup dur, vos ventes se portent-elles bien?
A. H. : Le Noël 2008 est un bon Noël ! Nous vendons beaucoup d'iPhone et je rappelle que nous continuons à le vendre dans nos points de ventes. Nous avons déjà vendu 450.000 iPhone 3G aujourd'hui et nous espérons dépasser les 500.000 au terme des fêtes. Cela reste le produit best seller de cette fin d'année. En toute honnêteté, je ne crois pas que l'on en trouvera beaucoup dans les points de vente SFR et Bouygues et je rappelle que les versions que l'on trouve en France aujourd'hui ont été "customisées" et paramétrées sur le réseau Orange pour fonctionner dans les meilleures conditions. Il y a un temps d'adaptation nécessaire pour nos concurrents.
LCI.fr : C'est un avantage risqué ! Plus le préjudice pour vos concurrents est important, plus le Conseil de la concurrence risque de vous infliger une lourde amende....
A. H. : Malheureusement, ce délai d'adaptation est indépendant de nos actes : le travail entre Apple et les autres opérateurs n'est pas de notre ressort !
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