Question à 50 milliards : pourquoi la SEC n'a rien vu ?

le 17 décembre 2008 à 10h34 , mis à jour le 17 décembre 2008 à 15h01

Sous le feu des critiques, le gendarme boursier américain a lancé une enquête interne pour expliquer son incapacité à détecter la gigantesque escroquerie.

Bernard Madoff nasdaqBernard Madoff. © TF1/LCI

En avait-il encore le choix ? Le régulateur boursier américain, la SEC, a annoncé mardi le lancement d'une enquête interne pour déterminer pourquoi la gigantesque escroquerie de l'investisseur new-yorkais Bernard Madoff n'a pas été détectée plus tôt malgré des alertes "répétées" depuis "au moins 1999".
 
Sous le feu des critiques depuis l'arrestation du respecté gérant de fonds jeudi à New York, le gendarme boursier américain a reconnu "de multiples échecs apparents", qualifiés de "profondément troublants". "La commission a appris que des allégations crédibles et précises portant sur les méfaits de Bernard Madoff ont été portées à l'attention du personnel de la SEC de manière répétée depuis au moins 1999, mais n'ont jamais été signalées à la commission pour qu'elle agisse", a expliqué le président de la SEC, Christopher Cox, cité dans un communiqué.
 
DSK : "Que fait la police?"
 
"J'ai ordonné une étude complète et immédiate des allégations concernant Bernard Madoff et sa société et des raisons pour lesquelles elles n'avaient pas été jugées crédibles", a-t-il ajouté. L'enquête va plus généralement porter sur le fonctionnement interne du régulateur afin de déterminer si les règles en vigueur ont été appliquées et si des modifications sont nécessaires. Elle doit aussi déterminer si des contacts entre le personnel de la SEC et la société ou la famille de Bernard Madoff ont pu interférer dans les décisions prises.
 
Le patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn avait mis en cause lundi les autorités de régulations américaines: "la surprise n'est pas qu'il y ait des voleurs" mais "la question est : que fait la police?", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse à Madrid. Le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF), la "SEC française", a estimé que la réglementation américaine était fautive. "Pour la quatrième fois, la réglementation américaine est en cause", a déclaré Jean-Pierre Jouyet. Jouyet, en citant les faillites retentissantes du fonds spéculatif LTCM (1998), du courtier en énergie Enron (2001) et de la banque Lehman Brothers (2008).
 
Affaire de famille
 
Affaire dans l'affaire : la SEC enquête aussi sur l'un de ses ex-inspecteurs, Eric Swanson, qui a épousé une nièce de Bernard Madoff. L'inspecteur général de la SEC chargé de l'enquête, David Kotz, a précisé mercredi qu'il examinerait "la relation entre la nièce de M. Madoff et M. Swanson". Eric Swanson a travaillé pour la SEC pendant 10 ans, notamment pour superviser des programmes d'inspection. Il a quitté l'institution en 2006, année où il aurait commencé à fréquenter la nièce du financier, Shana Madoff avant de l'épouser en 2007.  Un porte-parole de M. Swanson a reconnu que "l'équipe d'enquêteurs qu'il avait aidé à superviser avait fait une enquête sur les opérations boursières de Bernard Madoff".

Le Wall Street Journal affirmait ce week-end que la SEC avait enquêté plusieurs fois sur Bernard Madoff depuis 1992, sans parvenir à démontrer la fraude chiffrée par l'investisseur lui-même à 50 milliards de dollars. Dès 2001, MAR/Hedge, une publication spécialisée sur les fonds d'investissements, se demandait comment les investissements de Bernard Madoff pouvaient assurer "une telle régularité et un tel manque de volatilité". Il soulignait aussi l'opacité de la société de gestion de Bernard Madoff et sa façon arrogante de ne pas répondre aux questions.
 
Une ancienne responsable de la SEC, Laura Unger, a estimé lundi que la SEC était sous financée et que les marchés étaient devenus "bien trop complexes, bien trop rapides pour que l'agence puisse suivre".

Madoff attendra-t-il le procès en prison ?

L'investisseur américain  comparaît mercredi devant un juge pour demander le maintien de sa liberté sous caution. Arrêté jeudi, le financier new-yorkais a ensuite été libéré après s'être engagé à verser une caution de 10 millions de dollars, qui doit être garantie par quatre personnes. Son épouse s'est portée garante mais il doit en trouver trois autres d'ici sa comparution fixée à 20 heures (heure de Paris).

le 17 décembre 2008 à 10:34
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17 Commentaires

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  • Fredane, le 17/12/2008 à 18h53

    Madoff c est le premier...attachez les ceintures braves gens...on va vous raconter ou....tuer..Mais surtout continuer a payer vos frais bancaires..ils ont recu l autorisation des etats pour vous voler.

  • Champaloux, le 17/12/2008 à 18h08

    Bizarre quand meme LCI ! vous avez publié ma réponse - ce dont je vous remercie - ainsi que celle d'un autre internaute , puis ....vous retirez tout ! peut-on en connaitre les raisons ??

  • Citoyen75, le 17/12/2008 à 17h26

    Magouilles et tripatouilles ils en ont tous croqué..

  • Tonton, le 17/12/2008 à 16h55

    La liberté sous caution pour un tel personnage ne devrait pas exister

  • Jean Bonnot, le 17/12/2008 à 16h47

    Les enquêteurs de la SEC étaient nourris grassement par Madoff. Leur silence était la contrepartie.

  • Abenaton, le 17/12/2008 à 16h08

    Poser la question, c'est y répondre: OMERTA Les membres de la secte financière ne se dénoncent pas entre eux!

  • Le baron, le 17/12/2008 à 15h44

    Depuis 1992, plusieurs enquêtes sans résultat! de qui se moque t'on?

  • Charles, le 17/12/2008 à 15h05

    Que fait la police,facile ,la police en croque .....

  • Geraldine, le 17/12/2008 à 14h06

    Ces hommes ont tout les droits....la preuve, personne ne trouve choquant d'avoir spolier des retraités a travers des fonds de pensions, d'avoir pu monter la plus grande escroquerie de tout les temps!!!!!!! Un etre humain sans titre de sejour par contre inspire des centaines de messages de haines....Pauvre de vous.

  • Patrick, le 17/12/2008 à 13h51

    Et que dire des fameuses agences de notation. Vendredi soir AAA et lelundi suivant BBB pour le meme groupe. Ensuite le probleme qui se pose en Nord Amerique est les liens que nourrissent les gens aux pouvoirs et les grandes corporations. A titre d'organisme incompetent l'OSC au Canada, mais il sert des salaires impressionnants. Par ailleurs, son president actuel est un ancien banquier, donc le lien est rapide a faire. Ces dix dernieres annees uniquement deux affaires mises a jour, pourquoi???? Tout est une histoire de pouvoir et de relations.

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