© DRC'est sans doute la fin du feuilleton-fleuve qui avait démarré fin 2006 avec la privatisation de l'entreprise par le gouvernement Prodi. Lundi, les dirigeants d'Alitalia ont en effet annoncé que le groupe franco-néerlandais Air France-KLM allait prendre 25% du capital d'Alitalia pour un montant de plus de 320 millions d'euros, ce qui en fait son premier actionnaire. "Aujourd'hui, le conseil d'administration a approuvé l'offre d'Air France à l'unanimité", a déclaré le président d'Alitalia, Roberto Colaninno, évoquant "un accord extraordinaire". "Nous avons conclu aujourd'hui un processus de sélection qui a duré cinq mois", au cours desquels trois propositions de "Air France-KLM, Lufthansa et British Airways ont été examinées", a ajouté l'administrateur délégué d'Alitalia, Rocco Sabelli. Air France-KLM était "le meilleur partenaire stratégique", celui qui "correspondait le mieux à nos propositions" et qui a démontré "une détermination et une volonté que les autres n'avaient pas", a-t-il résumé.
Selon les dirigeants de la compagnie, cette alliance garantit "l'absolue autonomie de gestion d'Alitalia" par rapport à Air France-KLM, qui disposera de trois sièges au conseil d'administration. L'accord entre les deux compagnies va en outre entraîner des synergies opérationnelles d'un montant de 720 millions d'euros sur trois ans pour la nouvelle Alitalia. Les actionnaires italiens de la compagnie n'auront pas le droit de céder leurs titres pendant quatre ans à des investisseurs étrangers, même à Air France-KLM, selon les termes de l'accord. La cinquième année, ils ne pourront les céder à des non-Italiens que si les autres actionnaires italiens n'ont pas exercé leur droit de préemption et que le conseil d'administration d'Alitalia a donné son feu vert.
Vendredi, le conseil d'administration d'Air France-KLM avait donné son feu vert à cette prise de participation. Le groupe franco-néerlandais a tissé des liens étroits avec Alitalia depuis le début des années 2000 et détenait déjà 2% de l'ancienne compagnie avant sa mise sous tutelle et sa vente mi-décembre à des grands patrons de la Péninsule. Il avait négocié le rachat de la compagnie italienne début 2008 avec le gouvernement de centre gauche de Romano Prodi mais avait finalement retiré son offre en avril, face à l'hostilité des syndicats. Issue de la fusion des activités de transport de passagers d'Alitalia et d'Air One, deuxième compagnie de la Péninsule, la nouvelle Alitalia prendra son envol mardi.
(D'après agence)
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