© SXC.HULa jeune femme affirme avoir écrit ces emails personnels pendant les pauses alors qu'elle mangeait sur son poste de travail. Son employeur a pour sa part estimé qu'une dizaine de courriers électroniques envoyés chaque jour représentaient "une heure de travail négligée". Une femme d'une trentaine d'années, licenciée pour avoir envoyé 156 mails personnels en deux mois depuis son lieu de travail, une utilisation d'internet jugée par l'employeur "abusive", a été déboutée vendredi par le conseil des prud'hommes d'Angers qu'elle avait saisi pour "atteinte à la vie privée", a indiqué samedi une source judiciaire.
Le juge départiteur a en fait répondu sur les deux volets : celui de l'utilisation de la messagerie à des fins personnelles au travail et celui de l'atteinte à la vie privée. Tout en reconnaissant qu'on pouvait utiliser occasionnellement la messagerie à des fins personnelles, le juge a estimé qu'on pouvait reprocher à la salariée "la fréquence et l'importance en volume de telles communications". Quant à l'atteinte à la vie privée avancée par la jeune femme, le juge l'a écartée, au motif que "les messages n'ont pas été ouverts par l'employeur". Ce dernier, qui avait découvert la correspondance en recherchant l'origine d'un virus dans le système informatique, a soutenu qu'il n'avait pas ouvert les messages mais seulement constaté leur existence, alors que l'avocate de la jeune femme avait souligné le "problème grave de l'immixtion des employeurs dans la vie privée de leurs salariés". "Le licenciement pour motif personnel à caractère disciplinaire est pleinement justifié", a conclu le conseil des prud'hommes.
La jeune femme, assistante de gestion licenciée en mai 2007, "avait besoin de dialoguer avec sa mère après le décès de son compagnon", avait plaidé son avocate, lors de l'audience en juin dernier, selon le quotidien Ouest-France qui a révélé l'information samedi. "Elle était en pleine déprime", il s'agissait d'une "conversation normale entre une fille et sa mère qui ne portait pas atteinte au bon fonctionnement de l'entreprise", a expliqué à l'AFP l'avocate, dénonçant un "licenciement abusif". Pour l'avocate, "le fait de fouiller sur l'ordinateur de la jeune femme sans son avis et de regarder ses destinataires constitue en soi une atteinte à la vie privée". Selon elle, "le supérieur hiérarchique avait pris la jeune femme en grippe et la harcelait alors qu'elle avait de bonnes évaluations. On aurait pu lui donner un avertissement, mais elle a été licenciée sur le champ". La jeune femme réclamait 26.000 euros de dommages et intérêt de son ex-employeur, l'Association de gestion et de comptabilité du Maine-et-Loire. L'avocate a indiqué réfléchir à l'opportunité de faire appel.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




