Un client potentiel devant une Chevrolet Impala à Dearborn, Michigan le 29 décembre 2008. © REUTERS / Rebecca CookLe dégraissage chez GM se poursuit... Le constructeur automobile américain a annoncé mardi la suppression cette année de 10.000 postes chez son personnel d'encadrement, pour ramener son effectif à 63.000 personnes. Cette annonce entre dans le cadre des restructurations que General Motors entend mettre en oeuvre pour convaincre Washington de sa viabilité à long terme, en échange du déblocage de plusieurs milliards de dollars d'aide publique. Son plan de redressement doit être présenté avant le 31 mars, avec un rapport d'étape prévu le 17 février.
Le premier constructeur automobile américain n'a pas précisé si d'autres suppressions pourraient être décidées cette année, face à l'effondrement continu du marché automobile aux Etats-Unis. "La majorité des départs devrait avoir eu lieu d'ici le 1er mai 2009", a précisé GM, qui va mettre en place un "dispositif de départs volontaires". GM a également décidé de baisses de salaires pour ses cols blancs, de l'ordre de 10% pour les cadres et s'étageant entre 3% et 7% pour les autres catégories de personnel. Les 10.000 suppressions de postes - personnels administratifs, ingénieurs, responsables de production - interviendront dans toutes les régions du monde mais GM refuse pôur le moment d'en préciser la répartition géographique.
Effectifs ouvriers en chute libre
Depuis le début de l'année, GM a procédé à des annonces de suppressions d'emplois au cas par cas, sans donner de vision d'ensemble. Fin janvier, le groupe avait ainsi annoncé supprimer 2.000 postes d'ouvriers. Ces suppressions accompagnaient des réductions de production dans 2 usines américaines. Les personnels ouvriers, fort coûteux du fait des acquis salariaux obtenus il y a plusieurs années par le syndicat de branche UAW, ont vu leurs effectifs réduits à 62.000 fin 2008, contre 105.000 en 2005.
A bout de souffle financièrement, GM a déjà obtenu 9,4 milliards de dollars de l'Etat fédéral et cherche à obtenir 4 milliards supplémentaires. S'il échoue à convaincre le Congrès sur sa viabilité à long terme, le constructeur devra rembourser les sommes avancées, ce qui rendrait sa faillite inéluctable.
L'année 2009 serait "terrible" pour PSA
Côté français, PSA Peugeot Citroën sera le premier des grands groupes automobiles à présenter ses résultats 2008 mercredi. Il devrait subir lui aussi le très fort repli des marchés automobiles lié à la crise. Le patron de PSA Christian Streiff a en outre déjà prévenu que l'année 2009 serait "terrible", avec des ventes en baisse de 20%, une tendance sur laquelle a déjà commencé l'année, a-t-il dit. Après un solide premier semestre, la crise financière a touché le constructeur de plein fouet au deuxième semestre. En octobre, le groupe avait annoncé des réductions "massives" de production au quatrième trimestre, pour limiter ses stocks. Puis en novembre, un plan de suppression d'effectifs de 3.550 personnes, sous forme de départs volontaires, a été mis en place.
Christian Streiff, qui s'est engagé à ne pas licencier en 2009 en contrepartie du plan de soutien de l'Etat à l'automobile comportant un prêt de 3 milliards d'euros au groupe, a annoncé mardi dans un entretien au Monde que ce plan serait "ouvert plus longtemps afin d'augmenter le nombre de ces départs". La presse s'est également faite l'écho de dissensions au sein de la famille fondatrice Peugeot sur le maintien ou non de Christian Streiff à la tête de PSA. "Je n'en sais rien au sujet de la famille Peugeot, je ne pense pas qu'elle soit divisée en ce qui me concerne. Tout ce que je peux dire c'est que je travaille à l'avenir de PSA et que je continue à y travailler", a souligné le président de PSA, ajoutant qu'il ne se sentait "pas du tout" menacé.
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