© TF1/LCILa moralisation a un prix. Pour le jeu d'argent Rapido, il s'est payé cash avec une baisse de 18,7% de son chiffre d'affaires en 2008. Pour le PDG de la Française des Jeux, Christophe Blanchard-Dignac, qui présentait lundi des comptes en légère baisse (-1,1%), la chute de ce jeu phare s'explique avant tout par l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les bars-tabac au 1er janvier 2008. Le Rapido - qui reste le plus lucratif en 2008 (1,798 milliard d'euros de chiffre d'affaires) - se joue en effet dans les bars avec des tirages au sort permanents sur un écran de télévision.
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Publié le 05/05/2011
Mais la désertion des fumeurs n'explique pas tout. Ce jeu a probablement souffert des nouveaux dispositifs "modérateurs" mis en place par l'opérateur pour tenter de freiner les comportements compulsifs de certains joueurs : une limitation des mises à cent euros par prise de jeu et un paiement en point de vente plafonné à 300 euros. La Française des jeux était auparavant accusée d'inciter des joueurs aux faibles revenus à miser au-delà du raisonnable.
Trois vendredi 13 en 2009...
Bon élève, le nouveau Loto, lancé le 6 octobre 2008, a "tenu ses promesses", selon Christophe Blanchard-Dignac, avec un chiffre d'affaires en hausse de 5,4% pour 7,8 millions de joueurs en moyenne chaque semaine. Le tirage supplémentaire du lundi représente à lui seul 21% des mises. Le Loto (1,453 milliard d'euros en 2008) remonte ainsi son retard sur le Rapido, au point que la Française des jeux espère en faire son premier jeu en 2009. Il compte notamment sur les trois vendredi 13, prévus en 2009, qui donneront lieu à autant de Super Loto.
Les jeux de tirage et de grattage, qui représentent les trois quarts de l'activité de la Française des Jeux, ont légèrement progressé dans leur ensemble (+ 0,9%) alors que les paris sportifs bondissaient de 65%, pour atteindre 630 millions d'euros en 2008. Forte de ces progressions, la Française des jeux veut "s'appuyer sur le dynamisme" du marché pour lancer un nouveau jeu de tirage au printemps, cinq ans après l'Euro Millions dont le succès ne se dément pas. Enfin, l'entreprise publique entend "préparer l'ouverture" des paris en ligne à la concurrence comme s'apprête à la faire la France dans quelques mois par une loi. Malgré la crise, le jeu dans son ensemble s'en sort bien : les Français auraient dépensé en 2008 au jeu près de 2,4 millions d'euros à l'heure... Comme en 2007.
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