Caisse d'épargne © ReutersDimanche, Nicolas Sarkozy a défloré l'annonce du mariage avant les intéressés : jeudi, la Caisse d'Epargne et Banque Populaire devraient publier les bans parallèlement à de pertes historiques pour 2008. Lundi, Christine Lagarde a à peine précisé le plan de table de ce qui devrait devenir le deuxième groupe bancaire français. Selon la ministre de l'Economie, la part de l'Etat dans le processus de commande du nouvel ensemble "sera en proportion de ce que sera sa participation dans l'établissement".
Des informations de presse font état d'une prise de participation de l'Etat de 15 à 20% dans la nouvelle banque, devenant ainsi un actionnaire significatif de l'entité fusionnée. Par ailleurs, outre le prêt de 2 milliards déjà consentis dans le cadre du plan de soutien aux banques, Christine Lagarde a précisé lundi sur Europe 1 que "l'Etat ajoutera entre 2,5 milliards et 5 milliards d'euros supplémentaires qui seront apportés sous forme de prêts subordonnés". Ce type de prêt est un prêt qui, en cas de mise en liquidation, ne doit être remboursé qu'après indemnisation de tous les créanciers.
"Stratégie d'influence"
Plusieurs médias assurent que ce sera un proche de Nicolas Sarkozy, François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Élysée, qui prendra la direction de la nouvelle entité. Si PS et Modem sont déjà montés au créneau dénonçant "la stratégie d'influence" sinon "l'illégalité" de l'opération, la ministre de l'Economie a indiqué ne pas vouloir commenter "des rumeurs de marché". A ce titre, François Hollande (PS) n'a pas tardé à réagir. L'éventuelle nomination du secrétaire général adjoint de l'Elysée à la tête du groupe Caisse d'épargne-Banque populaire poserait un problème "déontologique" et démontrerait "cette volonté" de Nicolas Sarkozy de "décider de tout", a-t-il estimé.
La conclusion du mariage a été hâtée par le gouvernement, soucieux de mettre un terme à des négociations tendues entre les deux banques. Le projet de rapprochement remonte à 2006, date de la création par les deux groupes de leur filiale commune Natixis. Il a été réactivé cet automne après l'aggravation de la crise financière et l'annonce de la reprise du belgo-néerlandais Fortis par BNP Paribas, opération aujourd'hui en péril. Le titre Natixis bondissait lundi matin à la Bourse de Paris.
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