Construction d'un réacteur nucléaire dans l'usine Areva de Chalon-sur-Saône © DRLe groupe français Areva a annoncé mercredi un accord pour livrer plusieurs réacteurs EPR à l'Inde, l'un des marchés les plus alléchants pour l'industrie nucléaire mondiale. L'Inde compte actuellement 17 réacteurs nucléaires en activité, qui fournissent environ 2,5% de l'électricité du pays. Et la 10e puissance économique mondiale, qui importe 70% de ses besoins en pétrole, veut 60.000 mégawatts supplémentaires d'énergie nucléaire d'ici 2030, soit 100 milliards d'euros d'investissements, dont 20 milliards de contrats potentiels pour les groupes français. C'est donc un marché colossal qui s'ouvre à Areva pour exporter son produit phare, le réacteur de troisième génération EPR.
Pour l'heure, a simplement indiqué un communiqué commun diffusé à Paris et à New Delhi, "Areva et Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL) ont conclu aujourd'hui à New Delhi un protocole d'accord (...) portant sur l'implantation de deux à six réacteurs". Ils devraient être construits à Jaïtapur, dans l'Etat du Maharashtra. "Sur ces six réacteurs, deux devraient faire l'objet d'un contrat dans l'année", a complété, depuis New Delhi, Anne Lauvergeon, présidente du directoire du groupe nucléaire, qui a tenu une conférence de presse en présence de la secrétaire d'Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac et de ministres indiens. Selon elle, le protocole prévoit aussi "la fourniture de combustible pendant toute la durée de vie de ces réacteurs", soit 60 ans.
Areva prend une longueur d'avance sur ses concurrents
Ce premier compromis signé, reste à finaliser la négociation. Les Indiens et les Français ont bien précisé qu'il s'agissait d'un protocole d'accord "qui ouvrait la voie à des discussions techniques et financières" pour un éventuel contrat commercial en bonne et due forme. Le coût d'un EPR étant évalué entre 4 et 6 milliards d'euros, les montants en négociation devraient atteindre au moins 10 milliards d'euros. "Nous fondons de grands espoirs sur l'EPR. Jaïtapur est un premier pas. Nous sommes pleinement engagés à nous doter de 20.000 mégawatts au minimum d'ici à 2020 et nous pourrions être plus proches de 30.000 MW", a assuré le ministre indien adjoint à l'Energie, Jairam Ramesh.
Cet accord intervient alors que l'Inde est autorisée depuis l'été dernier à reprendre ses échanges dans le nucléaire civil, après un embargo de 34 ans imposé à la suite de ses essais nucléaires de 1974. Dès septembre, Paris avait signé avec New Delhi un accord politique de coopération dans le nucléaire civil. Avec ce protocole d'accord, le groupe français conforte aujourd'hui ses positions face aux grands concurrents de l'EPR : l'AP1000 de l'américain Westinghouse (groupe Toshiba) et le réacteur à eau bouillante ABWR développé par l'américain General Electric et le japonais Hitachi. Areva a en outre remporté un contrat de fourniture de deux EPR à la Chine (Taishan 1 et 2) en novembre 2007 pour un montant total de 8 milliards d'euros, combustible et services compris.
D'après agence
| Une commande à 4 milliards d'euros pour EADS Astrium |
Arianespace a finalisé une commande de plus de 4 milliards d'euros pour 35 lanceurs Ariane 5 ECA qui seront fournis par EADS Astrium. Astrium, la division espace du groupe européen EADS, doit encore construire 14 Ariane 5 sur les 30 fusées commandées en 2004 par Arianespace. Le contrat officialisé lundi porte donc à 49 le nombre de lanceurs Ariane en production. |
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