Parisot renvoie Sarkozy à sa règle de trois

Par , le 17 février 2009 à 16h13 , mis à jour le 17 février 2009 à 16h21

A la veille du sommet social, la présidente du Medef rejette un partage des profits selon la règle des trois tiers et voit d'un mauvais oeil une hausse du Smic.

Laurence Parisot est l'invitée de Christophe BarbierLaurence Parisot est l'invitée de Christophe Barbier

Le Medef annonce la couleur. A la veille du grand sommet social à l'Elysée, l'organisation patronale montre qu'elle ne s'en laissera pas compter mercredi en adoptant une ligne dure sur deux des grands sujets de discussion prévus entre les partenaires sociaux.
 
A commencer par le partage des profits. La présidente du Medef, Laurence Parisot, l'a rejeté en boc mardi en estimant que les profits des entreprises se divisaient en deux, entre "les  dividendes et l'auto-financement", et non en trois, selon la règle énoncée par Nicolas Sarkozy. "Le compte n'y est pas", avait-il estimé lors de son interview télévisée et déjà, dans de nombreuses entreprises, les syndicats, qui ont débuté les négociations salariales annuelles, réclament d'appliquer la "règle" énoncée par le président : un tiers des bénéfices aux salariés, un tiers aux actionnaires, un tiers réinvesti.
 
"Seul l'actionnaire peut décider du montant des dividendes" car cela relève de son "droit de propriété", a vertement répliqué Laurence Parisot  sous-entendant qu'il n'était ni du ressort de l'Etat, ni des syndicats d'en décider. Pour la présidente du Medef, les entreprises françaises "n'ont pas à rougir de la part de valeur ajoutée consacrée à la rémunération du travail". Ainsi en 2007, "72 milliards d'euros ont été versés aux actionnaires", "672 milliards à la masse salariale" et "147 milliards ont servi à l'auto-financement" des entreprises, a-t-elle détaillé.
 
Smic et chômage partiel sous surveillance
 
Le deuxième avertissement du patronat porte sur le Smic.  Laurence Parisot a jugé mardi qu'une hausse "excessive" du Smic serait fatale à nombre d'entreprises et que tout le monde ne devait pas être mis "en chômage partiel ou en formation", s'inquiétant aussi d'un risque de "gabegie" des mesures sociales anti-crise. Affirmant que "la priorité des priorités est l'emploi", elle a déclaré lors de sa conférence de presse mensuelle qu'"une hausse excessive du Smic sera la garantie de la mise au tapis de dizaines de PME".
 
Une éventuelle revalorisation du Smic dès avril m'"inquiète beaucoup", a affirmé la présidente du Medef, car cela serait au "moment de plus grand risque, la fin du premier semestre",  pour laquelle la hausse du Smic doit "répondre à des critères objectifs d'inflation et de gains de productivité". Quant au chômage partiel, "tout à fait utile en ce moment", Laurence Parisot s'est dite "d'accord pour envisager quelques mécanismes complémentaires pour lui donner de la souplesse", évoquant "l'enchaînement ou pas au-delà des 6 semaines permises"."Ce ne peut pas être la panacée", a-t-elle prévenu, pointant notamment "un effet pervers": la "recrudescence du travail au noir". Le 18 février doit être "l'occasion d'un diagnostic partagé" entre Etat, patronat et syndicats, et de "hiérarchiser les priorités" car "en crise, on ne peut plus tout faire", selon elle.

Par Olivier Levard le 17 février 2009 à 16:13
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3 Commentaires

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  • L, le 17/02/2009 à 16h39

    Le pire c'est que cette femme n'a aucune honte de ce qu'elle défend...

  • Yago, le 17/02/2009 à 16h36

    Pas revaloriser le smic!!!!c la mort des pme et l'enrichissement des patrons!!!l'esclavage en france est toujour autoriser par la loi,1789 n'est pas tres loin!!!!c'est demain

  • Chris, le 17/02/2009 à 16h30

    Est-ce que c'est le MEDEF aui dirige la France? Mais ou va-t-on? L'Etat doit mettre de l'ordre dans la gestion des entreprises, et pas qu'un peu, que cela plaise ou pas a Madame Parisot.

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