Saab et Opel luttent pour leur survie

Par O. L. avec agences, le 20 février 2009 à 11h35 , mis à jour le 20 février 2009 à 11h41

Les deux constructeurs, allemand et suédois, cherchent des solutions alors que General Motors, leur maison mère américaine est au bord du gouffre

Véhicule Opel au Salon de l'Automobile (image d'archives)Véhicule Opel au Salon de l'Automobile (image d'archives) © TF1/LCI

Survivre. Tout seul. Saab a demandé sa mise en redressement judiciaire dans l'espoir d'échapper à la faillite après l'abandon de sa maison mère américaine General Motors. Le constructeur automobile suédois a dit s'attendre à ce que le tribunal fasse connaître sa décision plus tard dans la journée. La décision intervient alors que GM vient d'annoncer que Saab pouvait se déclarer en faillite "dès ce mois-ci", à moins qu'il ne reçoive une aide du gouvernement suédois, ce que ce dernier a aussitôt refusé.
 
Une mise en redressement judiciaire permettrait à Saab de survivre en partie, et aux fournisseurs, qui ne pourront recouvrir leurs dus si le groupe se déclarait en faillite, de récupérer un peu d'argent en acceptant un règlement partiel. GM a indiqué que la décision était destinée à créer "une entité commerciale complètement indépendante qui serait viable et capable d'attirer des investisseurs". La mise sous tutelle est un processus légal en Suède conduit par un administrateur indépendant désigné par un tribunal qui travaillera étroitement avec l'équipe dirigeante de Saab.
 
Saab emploie environ 4.100 personnes en Suède, parmi lesquelles 3.700 travaillent à Trollhättan. Si l'on tient compte des sous-traitants, environ 15.000 emplois en Suède sont menacés si Saab venait à disparaître. La marque souffre d'une gamme vieillissante, alors qu'elle avait bâti son image sur son design et ses innovations techniques, et ses ventes ont plongé de 38% au quatrième trimestre 2008 sur un an, à seulement 17.900 véhicules. En 2008, le constructeur suédois a vendu 93.300 voitures, alors qu'il en vendait encore plus de 120.000 trois ans auparavant.
 
Belle Allemande sans le sou cherche partenaire
 
Outre-Rhin, General Motors, criblé de dettes,  a finalement ouvert la porte à l'indépendance pour sa marque allemande Opel, mais celle-ci ne pourrait survivre qu'en nouant des alliances, estiment les analystes. La direction de la filiale européenne de GM a annoncé mercredi qu'elle était prête à trouver des partenaires, voire à la participation d'un tiers. Jusque là, GM affirmait pourtant que l'allemand n'était pas à vendre. Les syndicats d'Opel réclamaient, eux, son indépendance. Mais entre-temps, la situation de GM s'est aggravée, en pleine négociation sur une aide publique en échange de massives restructurations. Dans plusieurs pays, l'américain quémande les deniers publics. C'est aussi le cas en Allemagne.
 
Parallèlement, il veut économiser plus d'un milliard d'euros en Europe et supprimer des milliers d'emplois. Mais ces mesures compliquent la position de gouvernements, soucieux de ne pas fâcher l'opinion en tendant la main à un groupe qui licencie. D'où la multiplication de déclarations ces derniers jours, de la part de GM comme des politiques. "GM ne dit pas quelle usine il va fermer, il ne dit pas comment il va économiser 1,2 milliard d'euros en Europe. C'est un jeu de poker: il veut le soutien des gouvernements et, en fonction, il sera prêt à discuter" des suppressions d'emplois, expliqué Stefan Bratzel, expert automobile interrogé. Plusieurs analystes doutent d'ailleurs de la réelle volonté de GM de se  séparer d'Opel. "Je ne crois que GM le veuille vraiment", estime ainsi Jürgen Pieper, de la banque Metzler.
 
Mais tous ont aussi appris qu'avec GM, tout peut aller vite. Il suffirait par exemple que le gouvernement américain cesse de le secourir. Plusieurs scénarios sont alors possibles une participation de l'Etat allemand ou un partenariat stratégique, avec un constructeur asiatique par exemple. Quand les concurrents européens pourraient être découragés par les difficultés d'Opel, un chinois pourrait y voir la possibilité de s'implanter sur le Vieux Continent.  Reste à le trouver. Mais pas sûr cependant que GM soit prêt à voir un concurrent chinois s'emparer de parts de marché en Europe, ni même que le gouvernement allemand soit enthousiasmé à l'idée de céder une marque de tradition, créée au XIXe siècle, à une entreprise asiatique. Faute de constructeur intéressé ou d'accord, un dernier scénario serait alors envisagé, celui d'une faillite pure et simple.
 

Par O. L. avec agences le 20 février 2009 à 11:35
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