Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture, le 21 février 2009 © LCIIl n'y a pas eu de dérapage, pas de petite phrase, mais une foule immense. Nicolas Sarkozy a inauguré samedi dans une cohue monstre le Salon de l'agriculture de Paris, baptisé la "plus grande ferme du monde", l'un des événements les plus populaires en France. Le chef de l'Etat, qui était accompagné du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a été accueilli par le président du salon, Jean-Luc Poulain et le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Jean-Michel Lemétayer. Il a entamé un tour des stands du salon, en commençant par les bovins de concours dont certains dépassent la tonne et demie. Le salon présente plus de 4000 animaux, parmi lesquels des bovins, des ovins, des chevaux et poneys ainsi qu'une immense basse-cour.
Pendant près de deux heures, le chef de l'Etat a parcouru au pas de charge quelques uns des stands du salon placé cette année sous le thème du développement durable, serrant des mains et caressant le bétail, salué par des "Nicolas, Nicolas" et une "claque" bien organisée de sympathisants. "Je voulais d'abord adresser un message d'espoir à l'agriculture", a-t-il lancé à l'issue de sa visite. "On a besoin d'une agriculture française qui ait des prix, qui paie des producteurs, des entrepreneurs. On a besoin d'une agriculture européenne avec une Europe qui défend ses agriculteurs", a-t-il ajouté. "Il y a un milliard de gens qui meurent de faim dans le monde. Le problème n'est pas la réduction de la production agricole mais au contraire l'augmentation de la production agricole", a plaidé Nicolas Sarkozy.
Sarkozy veut une PAC "juste"
Interrogé sur l'inquiétude des agriculteurs français face au réaménagement de la PAC engagé après le compromis adopté par l'Union européenne en novembre à Bruxelles, il a souhaité que cette politique soit "juste". "Et parce qu'elle sera juste, elle sera pérenne. On a notamment des éleveurs qui souffrent, on a des zones de montagne qui souffrent et il va falloir faire des arbitrages en accord avec le dialogue social et avec les organisations agricoles", a insisté le président. Nicolas Sarkozy s'était employé jeudi à rassurer le monde agricole en promettant une modernisation "offensive" pour anticiper la réforme de la politique agricole commune (PAC) prévue en 2013. Les exploitants redoutent que le gouvernement ne suive le tournant libéral imposé selon eux par Bruxelles et n'adopte, comme c'est déjà le cas dans certains pays européens, le système des aides uniformes à l'hectare, quel que soit le type de culture pratiqué.
Le chef de l'Etat avait annoncé jeudi le dépôt "avant la fin de l'année" d'un projet de loi de modernisation devant le Parlement et le déblocage d'une enveloppe de 300 millions d'euros en 2010 pour en financer les priorités. Cet "effort exceptionnel", avait expliqué le président, sera destiné à financer les "priorités" de la modernisation prévue par le gouvernement dans le cadre du réaménagement de la PAC. Ces "priorités" ne seront détaillées que lundi par le ministre de l'Agriculture Michel Barnier mais Nicolas Sarkozy en avait fixé jeudi les grands axes, du "soutien renforcé" à l'élevage à "une gestion renforcée des risques climatiques et sanitaires", en passant par la "revalorisation" de l'indemnité versée pour l'agriculture située en zone de montagne.
D'après agence
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