© DR / Natixis / LCI.fr / R. B. L'affaire risque de faire grand bruit, d'autant plus qu'elle concerne la banque française la plus touchée par la crise financière. Déficitaire à hauteur de 2,8 milliards d'euros en 2008, Natixis a versé 90 millions d'euros de primes à ses traders au titre de 2008, selon le quotidien Les Echos. Cette révélation intervient alors que la filiale des Banques populaires et des Caisses d'épargne a annoncé mercredi son intention de supprimer 166 postes dans son activité de conservation de titres. Un projet qui s'ajoute à un plan de départs volontaires concernant 800 personnes et aux 450 suppressions d'emploi dans la banque de financement et d'investissement annoncées en décembre.
La banque fait également l'objet de deux plaintes de petits actionnaires, qui s'estiment lésés par la débâcle boursière de Natixis. La dernière en date, déposée au parquet de Paris par l'avocat Frederik-Karel Canoy au nom, selon lui, d'une "centaine d'actionnaires", vise les chefs d'abus de confiance, d'abus de biens sociaux, d'escroquerie, d'informations trompeuse, de publication de faux bilan, de faux et d'usage de faux ainsi que les chefs de complicité et recel de ces infractions. Les plaignants dénoncent notamment les conditions de l'entrée en bourse de cette filiale commune des banques Caisse d'Epargne et Banque Populaire début décembre 2006. A sa première cotation l'action Natixis cotait 19,55 euros contre environ 1,46 euro jeudi à la clôture.
Un décret la semaine prochaine
Pour François Pérol, le président de la future banque Banque populaire-Ecureuil, Natixis présentait en tout cas bien un risque de nature systémique, d'où la nécessité de l'aide financière de l'Etat français. La banque a déjà été recapitalisée à hauteur de 5,6 milliards d'euros depuis l'été dernier, dont 1,9 milliard provenant du plan de soutien au secteur bancaire.
L'affaire des primes versées par Natixis n'est pas la première. Jeudi, GDF Suez, pourtant bénéficiaire en 2008, a finalement annoncé que ses deux dirigeants, Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, avaient décidé de renoncer à leurs stock-options. Avant, il y avait eu le scandale du parachute doré de l'ex-PDG de Valeo, Thierry Morin, ainsi que les 51 millions d'euros de bonus des managers de Cheuvreux, la filiale en courtage du Crédit Agricole.
Face à ces scandales à répétition, l'Elysée a finalement tranché. Un "décret va être pris la semaine prochaine pour fixer les conditions dans lesquelles est interdite l'allocation de stock-options ou d'autres avantages, bonus, lorsque les entreprises bénéficient du soutien de l'Etat", a affirmé Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. De son côté, le ministre du Budget Eric Woerth a estimé jeudi sur France 2 qu'il n'était "pas raisonnable" de plafonner la rémunération des dirigeants, tout en jugeant que les entreprises aidées par les pouvoirs publics ne pouvaient "pas distribuer indûment" des bonus ou des stock-options.
Pour DSK, il faut assainir le secteur bancaire |
Invité de l'émission "A vous de juger" jeudi soir sur France 2, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a estimé que la principale condition pour sortir de la crise était d'assainir le secteur bancaire en faisant disparaître les actifs dits toxiques évalués par l'institution qu'il dirige à 2300 milliards de dollars, soit 1700 milliards d'euros. "On ne sort pas de la crise, quel que soit l'argent qu'on met pour la relance - et il faut le mettre - si on n'assainit pas le secteur bancaire (...), si le crédit ne recommence pas à couler", a déclaré l'ancien ministre de l'Economie. Et de son point de vue, ni les Européens ni les Américains "ne mettent assez l'accent" dans le nettoyage du système bancaire, d'où la nécessité de profiter du sommet du G20, qui se tiendra à Londres la semaine prochaine, pour faire davantage "pour que les banques fonctionnent". |
(D'après agence)
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