Alliance Siemens-Rosatom : la colère d'Areva

le 04 mars 2009 à 12h00 , mis à jour le 04 mars 2009 à 13h03

Pour Areva, Siemens est lié à une clause de non-concurrence avec lui. L'annonce d'une alliance avec Rosatom met donc le groupe allemand dans l'illégalité.

TF1/LCI © TF1/LCI

L'annonce de la création d'une entreprise commune entre l'allemand Siemens et le russe Rosatom n'a pas tardé à faire réagir le concurrent français Areva.  Cette coentreprise constitue de la part de Siemens "une rupture unilatérale de ses obligations contractuelles" envers Areva, estime mercredi le groupe français.

De fait, "Siemens détient toujours 34% d'Areva NP", la filiale de réacteurs nucléaires d'Areva, a indiqué Jacques-Emmanuel Saulnier, directeur de la communication du groupe nucléaire français. Le groupe allemand "est lié de ce fait par le pacte d'actionnaires signé le 30 janvier 2001 entre Areva et Siemens, qui contient notamment une clause de non concurrence", a-t-il poursuivi. "Donc pour Areva, l'annonce de cette coentreprise met Siemens en rupture de ses obligations contractuelles avec toutes les conséquences qui en découlent", a affirmé M. Saulnier. Le pacte d'actionnaires conclu entre Siemens et Areva n'a pas été rendu public mais sa rupture par Siemens pourrait peser sur la valorisation des parts que détient l'allemand dans Areva NP.

Siemens et Rosatom ont signé mardi un protocole d'accord pour la mise sur pied d'une co-entreprise dans le domaine du nucléaire, qui sera contrôlée à 50% plus une action par Rosatom, et sera une concurrente directe d'Areva. Elle se destine notamment au développement et à la construction de réacteurs russes à eau pressurisée. Selon l'accord, l'entreprise prendra part à l'ensemble de la chaîne de production nucléaire, du combustible jusqu'au démantèlement. "Par un partenariat à part entière avec Siemens, nous voulons devenir le leader mondial du marché nucléaire", a résumé Sergey Kirienko Directeur général de Rosatom. Une concurrence directe pour Areva, sur un marché évalué à 1 000 milliards d'euros. On estime que 400 réacteurs devraient être construits dans le monde d'ici 2020.

(D'après agence)

le 04 mars 2009 à 12:00
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